La Foye-Monjault et Limouillas

[mise à jour le 9-4-2016]
Photos de Nicole Gauthier

L'église saint Simon et saint Jude [1], où sévissait au XVIIIe siècle le fameux
père Bory. 
Elle fut en partie détruite à la révolution et sa façade actuelle date du XIXe. 
Il existait à sa place, dès avant 1135 [2], un prieuré bénédictin du même nom.


La présence de mes ancêtres à la Foye-Monjault remonte au moins à la fin du XVIe siècle. Mais il est probable que leurs grands-parents y vivaient déjà un siècle plus tôt, lorsque Rabelais avait dégusté leur cru. Les registres qui débutent en 1675 ne m'en apprennent pas plus. 

Parmi les plus anciens connus, mes aïeux se nommaient André Arnault (ca 1598-1678) et Pernelle Andoire,  François Allain (notaire en 1683) et Catherine BarcanonCharles Barreau et Marie Écarlat. Ces couples ont eu une descendance prodigieuse, et l'histoire de la Foye-Monjault est d'une certaine façon la leur. 

Comme beaucoup à la Foye, ils furent sans doute vignerons. Certains venaient de Marigny, du Cormenier, de Prissé et de Saint-Romans-des-Champs. En 1893 Adolphe Prunier quitte Limouillas pour Niort où il devient négociant [v. L'Époque de la Vigne]. Ce faisant, il accomplit la transition entre la vie paysanne de ses ancêtres et celle urbaine de ses descendants.


Une forêt de hêtres en France
[source : aubracnature.org]
Le mot « Foye » vient du latin fagus qui signifie hêtre (dont la paroisse devait être originellement couverte), et « Monjault » de monachusmoine (latin de la période chrétienne, VIe-Xe siècle)L'orthographe contemporaine du nom de la paroisse apparaît dès 1684 sous la plume de Joseph Jouslard, seigneur de Fontmors, conseiller du roi et lieutenant au siège royal de la ville de Niort. Elle s'imposera progressivement au cours du XVIIIe siècle. [Voir cette page sur le site de la Foye pour en savoir plus].

Entre le XIe et XIIe siècle, la châtellenie de la Foye devint le siège d'un prieuré de l'Ordre de saint Benoit qui dépendait de l'abbaye de Montierneuf à Poitiers. Celle-ci la reçu de Guy Geoffroy, duc d'Aquitaine, le 28 janvier 1077. Il comprenait un prieur, de deux à quatre moines, huit fermes avec leurs dépendances ainsi que le bois de la Foye. Son revenu étaient de 6 000 livres en 1640, de 7 500 livres en 1716 et de 10 000 livres en 1789. Le prieuré fut vendu comme bien national avec ses dépendances durant la Révolution. [4]

Située près du centre du village sur la route de Vallans, la châtellenie abrita un certain nombre de soldats, en particulier lors des États généraux de 1439 pendant la guerre de cent ans, et durant les guerres de religion en 1586. Le prieuré fut incendié en 1569, et l'église fut encore pillée en 1650. [4]

En 1559, le prieur assista en tant que député à la rédaction de la Coutume du Poitou. Sous l'ancien régime, la Foye-Monjault dépendait de l'élection et du siège royal de la ville de Niort, de la généralité de Poitiers, du parlement de Bordeaux, de l'évêché de Saintes, de l'archiprêtre de Mauzé jusqu'en 1648, et de 1648 à 1793 de celui de Frontenay. Tous les prieurs, sans doute jusqu'à ce que Müller rachète la charge en 1783, étaient nommés par l'abbé de Montierneuf, qui recommandait aussi le curé de la Foye à l'évêque de Saintes pour sa nomination. Le curé de la Foye payait à l'évêque un droit de procuration de dix livres, et la fabrique une redevance annuelle de 17 sous. [4]

Jusqu'au XIXe siècle se tinrent à la Foye des foires qui duraient plusieurs jours, et qui attiraient des foules comparables aux foires de Niort (à la Pentecôte et le 25 octobre, juste avant la saint Simon et saint Jude). Les cabaretiers du bas-Poitou, de Niort, de Gâtine, de Frontenay et les gens de la région s'y rendaient en masse et l'on y négociait les vins de Saintonge.



La commune à une superficie 
de 1808 hectares.

Nombre d'habitants : 
[4]
• 1716 : 560
• 1744 : 600
• 1790 : 800
• 1802 : 830
• 1921 : 800
• 2000 : 700


Ci-contre : Déjà au XIXe siècle, les propriétaires qui en avaient les moyens remplaçaient les tuiles romaines traditionnelles par de l'ardoise.



Ci-dessous : Monument aux morts,
maisons et jardins de la Foye
































































































































Limouillas

La paroisse de la Foye-Monjault comprend plusieurs hameaux indiqués sur le plan du cadastre ci-dessous, parmi lesquels Limouillas, autrefois renommé pour la qualité de ses vins (de nos jours, la commune compte aussi les hameaux de Grand Bois, situé au sud, et de Maisonneuve). Le nom du hameau Treillebois signifie « vignes à la lisière d'un bois », évoquant l'époque où le paysage était couvert de vignobles parsemés de quelques bosquets. L'écrivain et maire adjoint de la Rochénard, Maxime Arnaud, y naquit en 1875.









































L'entrée du hameau.














Limouillas conserve encore beaucoup du caractère des siècles passés. En particulier, la vigne omniprésente rappelle que l'industrie viticole fut autrefois essentielle à la région. Les vignobles furent détruits au XIXe siècle par les maladies venues de l'Amérique, et en particulier par l'apparition du phylloxera en 1865. Dès 1886, les viticulteurs étaient ruinés, la grande sécheresse de l'année 1893 entrainant la désertion des campagnes. Mon aïeul Adolphe Prunier étaient de ceux-là, qui parti s'installer à Niort. [5]


















































Personnages célèbres

Parmi les personnalités associées avec l'histoire de la Foye : 




















François Rabelais (ca 1483-1553), qui en apprécia le vin...

Le Café-Bar Le Rabelais, Rue du Centre à la Foye-Monjault tient son nom d'une oeuvre bien connue de l'auteur. Dans Les Grandes et inestimables chroniques du grand et énorme, Gargantua, le Gymnaste offrit sa bouteille au capitaine, en lui disant : « Tenez, capitaine, beuvez en hardiment, j’en ai faict l’essay, c’est vin de la Faye Moniau ».





Jean-Pierre-Louis de Fontanes (1757-1821), professeur de belles-lettres né à Niort, comte d'Empire et ministre de Napoléon, membre du Collège des Oratoriens de Niort. Il eut pour professeur le père Bory, curé de la paroisse.























Jean Barnabé Arnaud (1840-1903), missionnaire dominicain né à la Foye. Il fut Supérieur des Dominicains de Saint-Jean-de-Maurienne, de la Trinité (Antilles), de Rosaire Hill (près de New York), et de la Havane (Cuba).


















et Maxime Arnaud (1875-1961), né à Treillebois. Cultivateur, vigneron, résistant durant la guerre, maire adjoint de la Rochénard (1947), conseiller municipal (de 1923 à 1950), Maxime fut aussi l'auteur d'un petit livre d'une vingtaine de pages « Souvenirs d’un vieux paysan », dans lequel il nous rapporte l'histoire de cette paroisse, de sa naissance en 1875, jusqu'à l'entre-guerre.

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Histoire de la Foye-Monjault
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Pour en savoir plus sur l'histoire du village, voir le site La Foye-Monjault à travers les siècles.

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Mes ancêtres à la Foye
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Allain
  • François ALLAIN, notaire à la Foye en 1683, marié avec Catherine BARCANON
  • Marguerite ALLAIN, fille de François et Catherine BARCANON, mariée avec Simon ARNAULT

Andoire (ou Landoire)

Arnault
  • André ARNAULT (ca 1598-1678), marié avec Pernelle ANDOIRE
  • Anne ARNAULT (1781-1853), fille de Louis et Marie SABOURIN, mariée avec Jean PRUNIER
  • Antoine ARNAULT (dit l'Alotron) (ca 1693-1759), fils présumé de Pierre et Anne MELJEU, marié avec Marie FAUCHER
  • Louis ARNAULT (ca 1737-1804), fils d'Antoine (dit l'Alotron) et Marie FAUCHER, marié avec Marie SABOURIN 
  • Pierre ARNAULT (ca 1662-1710), fils de Simon et Marguerite ALLAIN, marié avec Anne MELJEU
  • Simon ARNAULT (ca 1634-1704), laboureur en 1704, fils d'André et Pernelle ANDOIRE, marié avec Marguerite ALLAIN

Barcanon

Barreau
  • Charles BARREAU (née ca 1676), journalier, fils de Charles et Jeanne MENON, marié avec Marie ÉCARLAT

Bodin
  • Madeleine BODIN (1787-1864), fille de Pierre et Marie BARREAU, mariée avec Jean GRIFFON 
  • Pierre BODIN (ca 1745-1817), fils présumé de Pierre et d'une épouse inconnue, marié avec Marie BARREAU

Cosset
  • Marguerite COSSET (née ca 1665), fille de Pierre et Renée GUILLEBOT, mariée avec Guillaume BARREAU 
  • Pierre COSSET, marié avec Renée GUILLEBOT

Écarlat

Faucher
  • Marie FAUCHER (1708-1772), fille présumée de Daniel et Renée BONTEMPS, mariée avec Antoine ARNAULT (dit l'Alotron) 

Griffon
  • Madeleine GRIFFON (1819-1880), fille de Jean et Madeleine BODIN, mariée avec Charles Adolphe PRUNIER 

Meljeu
  • Anne MELJEU (ca 1660-ca 1725), fille de Jean MELJEU et Gabrielle PHILIPPE, mariée avec Pierre ARNAULT
  • Jean MELJEU, marié avec Gabrielle PHILIPPE

Philippe

Prunier
  • Adolphe Charles PRUNIER (1861-), fils de Charles Adolphe et Madeleine GRIFFON, marié avec Marguerite CLOUZEAU
  • Charles Adolphe PRUNIER (1815-1889), fils de Jean et Anne ARNAULT, marié avec Madeleine GRIFFON
  • Jean PRUNIER (1776-1841), fils de Jean et Elizabeth POMMIER, marié avec Anne ARNAULT 

Sabourin
  • Marie SABOURIN (‭ca 1738-1801‬), fille de Pierre et Jeanne BERNARD, mariée avec Louis ARNAULT


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Listes de personnes nées, mariées et décédées à la Foye-Monjault
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Sélectionnez l'un des deux liens qui suivent et tapez « la Foye-Monjault » dans le champ intitulé « Lieu », sous les rubriques Naissances, Unions ou Décès du formulaire :
  • Personnes nées, mariées ou décédées inscrits dans la base généalogique de la Foye-Monjault sur  Généanet
  • Ou reliées à l'arbre de Nicole


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Situation géographique
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La Foye-Monjault se situe au sud de Niort, dans les Deux Sèvres (Poitou-Charentes).



























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Notes
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[1] Concernant saint Simon et saint Jude (célébrée le 28 octobre) :
« Ces deux Apôtres ont leur fête le même jour parce qu’ils ont travaillé ensemble à la conversion des Gentils. Saint Simon, qui était originaire de Cana, où Jésus changea l’eau en vin, reçut le surnom de Cananéen, pour le distinguer de Simon Pierre, chef des Apôtres. Saint Jude était frère de saint Jacques le Mineur et de saint Siméon, évêque de Jérusalem, et comme eux cousin du Sauveur. Avant son élévation au ministère évangélique, il était agriculteur. Saint Simon prêcha d’abord en Égypte, en Mauritanie, en Libye ; saint Jude, après avoir prêché en Afrique avec beaucoup de succès, revint en Orient et annonça l’Évangile dans la Judée, la Samarie, la Syrie et la Mésopotamie. Simon et Jude se rejoignirent en Perse, et là ils combattirent et moururent ensemble. » [source: Vie Chrétienne et Catholique]   [<-]

[2] Bulletin Philologique et Historique jusqu'en 1610, p134.   [<-]

[3] -

[4] Henri Demellier, curé de Saint-Étienne-la-Cigogne, Notes Historiques sur le Canton de Beauvoir, 1921, p134-136. [<-]

[5] Voir L'Époque de la Vigne   [<-]

[6] Pour « mongette : haricot, fève de moine. De moine ou a fait monge et Monjault. » (Cf. Dictionnaire Étymologique du Patois Poitevin, Gabriel Lévrier, 1867)   [<-]

[7] Que l'on retrouve en 1559 dans les Coutumes du Poitou, auquel assista le prieur de la Foye, sous la forme de « Faye Montjau », tel que rapporté dans le procès verbal de Boucheul, Coûtumier Général du Poitou (Cf. Recueil des usages locaux ayant force de loi dans le département des Deux Sèvres, A. Martin, 1899, pX-XI).   [<-]