Dictionnaire de Patois Poitevin




Le patois poitevin, ou saintongeais, est ce qui subsiste de la langue parlée dans cette région au moyen-âge. En 1867, Gabriel Lévrier en fait l’inventaire dans son Dictionnaire Étymologique, à une époque où l’on commençait à observer un nivellement culturel à l’échelle du pays, annonçant le déclin des dialectes régionaux [1]

Le patois a des origines diverses, notamment celtique, latine, anglaise et bien sûr française. L'apport de ces langues correspond aux périodes de domination territoriale. Dans son ouvrage, l'auteur sépare les mots en plusieurs listes afin de les classer par origine. Le contenu se trouve regroupé ci-dessous en une seule liste. Les annotations postérieures sont indiquées entre parenthèses “[“ “]”.


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Ce dictionnaire n’est pas exhaustif, mais Lévrier dit néanmoins « qu'un glossaire patois poitevin complet ne contiendra jamais plus de trois mille mots, où l'élément latin dominera pour les deux tiers environ. » Si vous connaissez d'autre mots que vous aimeriez voir ajouter à cette ressource en ligne (ou pour signaler des fautes), vous pouvez les communiquer ici par email.

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• Introduction
• Patronymes issus du patois
• Les mots du langage familier
• Origines linguistiques du patois
• Poésie patoise
• Chanson de Roland et autres témoignages du passé
• La prononciation

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Ancienne province du Poitou, avec en jaune la zone où le patois poitevin était parlé.
La Foye-Monjault, juste au sud de Niort, se trouve véritablement au centre de cette zone.
Gabriel Lévrier vécu notamment à Celles-sur-Belle, où il fut juge de paix.
[Source : Pivetea]

Introduction
La plupart des mots patois décrivent avant tout des aspects de la vie quotidienne des paysans, comme les activités agricoles (lieux, labours, maniement des outils, description des animaux, etc.). Les termes sont parfois issus d’observations très fines de la nature humaine, sans pour autant s’occuper de philosophie ou de morale : « comme cela doit être, dans tout honnête et modeste patois, on n'y désigne que les choses communes et les plus ordinaires aux besoins de la vie, la partie morale demeure dans l'ombre de même qu'une superfluité. »

La conservation du patois à cette époque était dû à l’isolement des paysans. Comme le fait remarquer l’auteur : « on est surpris de la conservation des expressions les plus anciennes ; mais cet étonnement cesse en pensant à l'isolement du campagnard et de son peu de fréquentation avec les classes éclairées. Quand du fond des villages le paysan sort pour se rendre à la ville, il essaie de modifier son langage un instant, instant toujours assez court, pendant lequel il parle aux gens instruits, à ceux qui ne sont pas de sa robe, comme il dit ; mais vient-il à rencontrer un planais, un maraudais, un bocain, un gâtinais, ou un pelle-bois, il revient à son langage, et de laconique qu'il était d'abord il se montre verbeux. »

En lisant les vieux auteurs des XIVe, XVe, XVIe et XVIIe siècles (dont La Boetie, Montaigne, Rabelais, etc.), on retrouve de nombreuses expressions conservées par le patois poitevin.


Les patronymes issus du patois
Voir ce billet : Étymologie des patronymes Ayrault, Burgaud, Jottereau, Piboleau, Robin, Sabourin et Savarit.


Les mots du langage familier
D’autres mots ont intégré notre quotidien, et vous les utilisez sans doute sans vous rendre compte qu'ils viennent du patois, par exemple :

  • bobo –– ici babo, un enfant qui a mal.
  • bagnole –– familier : une voiture, patois: un grand panier qui sert à porter du foin à l'étable.
  • bourrin –– mauvais cheval.
  • chut –– silence.
  • cocher  –– faire une entaille.
  • débouler –– partir vite.
  • écrabouiller –– écraser.
  • fringuer –– fam.: s’habiller, pat., sauter, bondir, avec fringuenaille: haillon, loque qui sautille en fringant.
  • galvauder –– fam.: altérer, mal employer, gâcher une chose, pat.: maltraiter les moissons, les fruits.
  • garce –– ou garse, femme sans pudeur.
  • guibole –– jambe.
  • jacasser –– bavarder.
  • minable –– pat.: miné par la misère.
  • mioche –– fam.: un gamin, pat.: un tas de fagots.
  • parure –– fam.: ornement, pat.:  pelure, peau qu'on enlève aux fruits avec le couteau.
  • pichet –– cruche.
  • rupin –– fam.: riche, pat.: paraître éveillé, joyeux.
  • trimballer –– porter quelque chose ou quelqu’un, le traîner partout avec soi.
  • un tantinet –– un peu. 

Pour le plaisir...
Quelques mots relevés pour leur sonorité savoureuse :

  • embabijoler –– enjôler par son bavardage.
  • embobeliner –– couvrir, entourer.
  • goguenion –– pâté de fruits.
  • mèrelicoton –– pêche à peau lisse.
  • pibolou –– joueur de flûte.



Les origines linguistiques du patois
L’étymologie du patois ne manque pas d’intérêt, comme pour l’origine anglaise de certains mots. Ceux-ci furent acquis au XIIe siècle, lorsqu’Aliénor d’Aquitaine épousa Richard Coeur de Lion, duc de Normandie et roi d’Angleterre. La présence parmi la population de seigneurs anglais, d’hommes armes et de leurs serviteurs, a fait que depuis des temps reculés on ripe (déchire) les feuilles, on sane (soigne) les plaies, on se remembre quelquechose (on se rappelle), on fait riot (on s’amuse lors d’un repas), et on challonge (réclame) en justice. La prononciation de certains mots est aussi clairement anglaise : vider, qui se dit void, et truffe, trouffl (nom que les paysans, qui ne voyaient jamais de truffes, avaient donné aux pommes de terre), heure se prononce houre, où se dit voure (where).

Avant la colonisation romaine, les Poitevins (dont les habitants des Deux Sèvres) descendaient des Pictons, dont certains pensent qu'ils ont une origine commune avec les écossais. Et l’on retrouve encore des mots communs, comme gramoches (guêtres en écossais, issu du celtique gamaichenn) qui se dit gamaches en poitevin : jusqu’au début du XIXe siècle, les paysans portaient encore les gamaches, ces longues guêtres d’étoffe qui complétaient le vêtement inférieur avec les braies, et qui furent ensuite remplacées par le pantalon.




Poésie patoise
Marme, y velait âtre mossieu,
Causa pointu dons dos mitanes,
Atre thieu-thi, pis core thieu,
M'enroula dons lés capitanes.
Ma Jacquiet Tientard, le taupou,
In vieux sourça, thi n'é ja fou,
Me dissit dons noutre cougnasse,
Voure le taupait en fevray,
Fouis, moun ami, de thiau charray,
T'y lairas ta pauvre benasse ;
Reschte pinzan avoiq tés bots ;
Meux vaut se sarvir de sés paucres
Que de dets bions, fiattont lés autres.
Cheux lés mossieux ol a dos sots
Et pre soulas et pre grégots.
Le se disont des prepous aigres
Tout coume dons nos turnes nègres.
Reschte thi, ne sais ja jeloux :
Mâ si le prenont ton parlonge
Tu lour dira,  à ta louonge,
Causez coume ot cause cheux vous.




Chanson de Roland 
(XIe siècle, le plus ancien exemple de patois conservé)
Ne placet deo, ço li respunt Rollant,
Que ço seit dit de nul hume vivant
Ne pur paien que ja sei-jo cornant !
Ja n'en auront reproece ni parent.
Par son seigneur deit hom susfrir granz mais,
Et endurer e forz freiz e granz chalz.

La conquête de Comtantinople, par Joffroi de Villehardouin
Sachiés qu'il n'i ot si hardi à qui la char ne fremesist ; 
et ce ne fut mie merveille s'il s'en esmaièrent…

Saint-Pierre et le Jongleur, début du moyen-âge, auteur inconnu
Par poi ne l'a jeté el fu.
(Pour peu il l'eut jeté au feu).

Thibaut, comte de Champagne sous Louis XI
Mais la pointe du fer n'en puis sachier,
Qn'ele brisa dedans an cop donner.
(sachier : retirer)

Lambert de Chateaudun, XIIe siècle
Qui trop croit en trésor trop a le cuer lanier.
(lanier : énergie)

Chrétien de Troyes
Et Lancelot jusqu'à l'entrée
Des ialz et del' cuer la convoie.
(ials : yeux)

Guyot de Provins
Et li vilain et li eschars...
(eschars : avare ; le patois dit écharder pour rançonner, exiger plus qu'il ne faut)

Eustache Deschamp, XIVe siècle
Vos joetes font deux fosses teudis
En souriant, ô belle plus que belle.
(joetes : joues)

Roman de la Rose
Les aumônes qui sont déues
As lasses gens povres et nues,
Febles et viez et mehaigniés,
Par qui pains n'est mes gaignies.
(mehaignés : pauvre diable, éclopé)




La prononciation
Si la richesse du vocabulaire dénote une grande finesse d’observation intrinsèque à la création du patois, la prononciation est parfois imprécise. Autrefois, comme le note l’auteur, les poitevins faisaient peu de différence entre les lettres c, g, k, q, par exemple, ce qui donne de nombreuses variations pour les mêmes mots, d’autant que la prononciation pouvait aussi varier d’un arrondissement à l’autre. Lévrier ajoute que « le patois poitevin, construit de mots disparates pris dans plusieurs langues, n'est ni riche ni agréable à parler ; la prononciation en est rude et difficile ; les tournures de certaines phrases rappellent celles du moyen-âge, et Rabelais est peut être des vieux auteurs celui qui en offre le type le plus rapproché. Dans ce parlange, comme on dit ici, les idées élevées se rendent misérablement tant les ressources sont insuffisantes et les expressions triviales. »

L’ouvrage fournit les indications suivantes quant aux règles de prononciation :

  • Le vin, que les Celtes appelaient gwin ou gouin, se prononce vouin.
  • Le patois poitevin sacrifie volontiers la lettre e dans le corps des mots et pour mer, fer, fier, amer, il dit : mar, far, fiar, amar ; pierre se dit piarre et serpe, sarpe
  • Mitaine, capitaine, fontaine, laine... se prononcent mitane, capitane, fontane, lane.
  • Âge se prononce aige et courage, couraige.
  • Fromage se dit froumage et pomme, poume (ainsi le patronyme Pommier, parfois écrit Poumier).
  • Miroir se dit mirou, arrosoir, arrosou, entonnoir, entounou (exception : soir se dit ser).
  • Fournil se dit fourniou, fenil, feniou (exception : péril fait péri, outil, outi).
  • D'autres prennent la terminaison 'ail' ou 'cil', selon les localités, car le patois varie à l'infini : persil fait parsail, fusil, fousail, baril, barail... Les mots orgueil, tilleul, seuil, comme autrefois se prononcent : orguiel, teil, seil... On dit toujours : soulail, vremail, ail, pour soleil, vermeil, oeil.
  • La transposition de lettre dans le corps des mots pour la syllabe 'er' donne pour bergère, permission : bregère, premission… (transposition que l’on retrouve appliquée à certains patronymes comme Bergeron, Bregeon, Berthon, Breton, Bernegoue, Brenegoue, etc.).
  • Amant fait amont, imprudent fait imprudont.
  • Orfèvre fait ourfèvre, portail, pourtail. Cette prononciation vient sans doute du celtique, puisque dans cette langue or, métal, se dit aour.
  • Frêne fait fragne (toponyme et patronyme 'Fragnée'), chêne, chayne.
  • Verdure donne vardure, verbe, varbe.
  • Galeux donne galoux.
  • Aumône se dit oumoune pour, automne, outomne, maudit, moudit.
  • Oeuf, boeuf, neuf, font u, bu, nu.
  • Chèvre, fièvre, lèvre font chèbre, fièbre, lèbre.
  • Doigt, froid, adroit, endroit, droit, font det, fret, adret, endret, dret.
  • Sonner se dit sounner, donner, dounner.
  • Fruit, bruit, donnent frut, brut.
  • Armoire, foire, croire, poire, font : armère ou armèse, fère, crère, père (celtique per : pyramide, de forme pyramidale).
  • Douleur, doulour, fleur, fliour.
  • Genou, fenouil, grenouille, donnent geneuil ou genoil, feneuil et greneuille ou grenoille.
  • Trouver, éprouver, approuver, font treuver, épreuver, appreuver.
  • Guérêt, guêpe, guérir, font garet, guape et garir.
  • Les paysannes disent à leurs enfants quand ils ont un léger mal que ce n'est là qu'un petit babeau ou babo.
Survivance de la langue romane, parlée durant le moyen-âge, dans la prononciation :

  • Longe pour longue.
  • Emperour pour empereur.
  • Chaire pour chaise.
  • Tretous pour tous.
  • Bues pour boeufs.
  • Lairrer pour laisser.
  • Li pour lui.
  • Biauté pour beauté.
  • Defors pour dehors.
  • Avoec pour avec.
  • Diu pour Dieu.
  • Cop pour coup.
  • Poi pour peu.
  • Jornée pour journée.
  • La poison pour le poison.
  • Prindre pour prendre.
  • Maulvaistié pour sentiments mauvais. (La Boétie)
  • Prou pour assez.
  • Gousier pour gosier. (Rabelais)
  • Fonde pour fronde. (Montaigne)
  • Poiser pour peser.
  • Cheminer pour marcher.
  • Devaler pour descendre.
  • Branler pour remuer.
  • Bailler pour donner.
  • Fillaude pour fille. (Brantôme)
  • Paour pour peur. (prononciation seulement, à ne pas confondre avec le mot ‘paour’ qui signifie pauvre)
  • A dire pour absent. (Montaigne)
  • Desquiex ou desquieux pour de ceux, ou desquels.
  • Coper pour couper.
  • Etelle pour étoile.
  • Telle pour toile.
  • Poissant pour puissant.
  • Mirouer pour miroir. (Montaigne)
  • Garir pour guérir.
  • Derrain ou deré pour dernier.
  • Paroule pour parole.
  • Treuver pour trouver.
  • Mimpris pour mépris.
  • Escandale pour scandale.
  • Demourre pour demeure.
  • Pourmener pour promener
[ Prononciation, témoignages de contemporains] :
  • ine pour un. [ng]
  • cheun pour chien. [ng]
  • 'apant pour jappant (japper : aboyer). [ng]
  • v'nelle pour venelle. [ng]





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Note
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[1] Ce nivellement s’accélerra après la guerre de 1870. En vue d’unifier le pays face à la montée de la puissance allemande, le gouvernement pratiquera une politique de scolarisation aggressive. La disparition des cultures régionales sera notée par le banquier Albert Kahn, qui au tournant du siècle enverra des photographes prendre ses fameuses séries.   [<-]


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DICTIONNAIRE DE PATOIS 
POITEVIN ET SAINTONGEAIS

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A
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Abecer ou abesser, v. a. — Unir, lier ensemble, souder.
Abéguer, v. n. — Mettre bas ; par extension, ébouler, écrouler, tomber en bottes.
Abener, v. a. — Mener à bien.
Abouit (tomber en), loc. — Tomber lourdement.
Abouldrouner, v. a. — Prendre une forme ronde, une apparence de boule.
Abourder, v. a. — Etayer.
Aburer, v. n. — Verser le contenu liquide d'un vase, d'une burette, d'une buire.
Aburingue, s. f. — C'est le substantif d'aburer.
Acacher, v. a. — Appuyer.
Acaser (s'), v. pron. — S'affaisser, séparer le liquide du solide par la pesanteur.
Achaler, v. n. — Développer la chaleur, chauffer un four.
Achaudrer, v. a. — Faire avoir chaud. « Les brebis s'achaudrent. »
Achayer, v. n. — Ce mot ne s'applique qu'aux oiseaux qui abandonnent leur nid.
Aché ou achet, s. m. — Lombric.
Acclaner, v. a. — Accabler, être dans un état maladif.
Accourser (s'), v. p. — Se faire des pratiques, « avoir une boune accourserie », c'est-à-dire voir accourir les chalands [chalands : ici, clients].
Accueillage, s. m. — Lieu où l'on accueille les domestiques.
Accueillir, v. a. — Gager un domestique, lui faire accueil.
Acrenailler, v. a. — Rendre chétif.
Acreries, s. f. p. — Objets de rebut (aqueries, vieux filets).
Acuchail, s. m. — Résidu, fond, reste de liquide.
Acucher, v. n. — Égoutter un vase.
Adobrer, v. n. — C'est donner la dernière main à un champ qu'on sème.
Adoub, s. m. — Graisse de cuisine.
Adouber, v. a. — Assaisonner la cuisine, raccommoder une chose, la mettre en bon état.
Adouner (s'), v. p. — S'accoutumer, se donner à un lieu, à une chose.
Adrèger, v. a. — Agir adroitement, mettre quelqu'un en bon chemin.
Affaité, adj. — C'est un terme de fauconnerie s'appliquant à un oiseau bien instruit, bien dressé, bien façonné. Par extension, on dit d'une personne audacieuse qu'elle est affaitée.
Affaiter, v. n. — Terminer une besogne.
Affarail, s. m. — Troupe confuse (affare, en Dauphiné, signifiait toutes les dépendances d'un fief).
Afféroux, adj. — Difficile sur la nourriture.
Affiage, s. m. — Nom générique des instruments aratoires.
Affier, v. n. — Planter, semer, greffer, bouturer, cultiver.
Affilocher (s'), s'amincir comme un fil.
Affoler (s'), v. p. — Avorter. On disait autrefois affolure pour blessure.
Affougeail, s. m. — Combustible, menu bois.
Affouger, v. a. — Quoique venant d'affougeail ce mot signifie étouffer, asphyxier, et cela parce qu'un four ou un foyer trop fournis de bois tassé, alors manquant d'air, étouffe.
Affranchir, v. n. — Castrer, affranchir les mâles des parties sexuelles.
Agaffer, v. a. — Saisir avidement, gaffer.
Agauler, v. n. — Élaguer.
Agoler, v. n. — Aplanir, régaler.
Agoli, s. m. — Lieu aplani.
Agorouner, v. n. — Profiter du ventre comme les gorets.
Agoucer, v. n. — Agacer un tranchant [affuter, aiguiser].
Agraler ou agroler, v. n. — Parler d'une voix agréable, traîner les mots.
Agratouner (s), v. p. — Se grippeler comme les fruits du gratteron [plante : Gaillet gratteron].
Agraver (s'), v. p. — Se fatiguer à la marche. Autrefois on portait des chaussures du nom de grèves.
Aigail, aigue, aiguer, aiguière. — Ruisseau
Aiglander ou aiguillander, v. n. — Casser une branche de façon à laisser la cassure pleine d'aiguillons.
Aigrême, s. f. — Pleur.
Aigue, s. f. — Eau.
Aisir, v. a. — Donner de l'aisance, de la facilité.
Albreter, v. a. — Frapper de ça de là. Ce mot, en usage chez les laboureurs, signifie frapper les animaux.
Allier, s. m. — Peuplier, vient de hallier.
Alliet, adj. — Compacte.
Allise, s. f. — Petit pain fait avec les restes de pâte.
Alloiri, adj. — Engourdi comme un loir.
Alloger, v. n. — Passer de logis en logis comme les boulangers.
Aloubi, adj. — Affamé.
Aloubir, v. a. — Affamer.
Amadurer ou amaudurer, v. a. — se calmer, supporter bien son mal.
Amaron, adj. — Amer.
Amblèse, s. f. — Salamandre.
Amblet, s. m. — Anneau de cuir tortillé servant à atteler les boeufs.
Amelotte, s. f. — Petit amas.
Amendiant, s. m. — Surplus, petite compensation donnée par les marchands.
Amoniance, s. f. — Ce qui provient d'aumône, abondant.
Andain, s. m. — Ligne de foin coupé.
Andarse, s. f. — Dartre [maladie de la peau].
Angroise, s. f. — Lézard gris.
Anneu, s. m. — Ce qui gêne, ennuie, obstacle.
Anier, v. a. — Introduire ou propager de la vermine, les insectes.
Apivrer, v. n. —Apprivoiser. On applique ce mot surtout aux oiseaux qui deviennent familiers. On dit aussi pivrer.
Apirail, s. m. — Respiration. On dit apirer, aspirer.
Appliacer, v. a. — Taquiner.
Aquêté, adj. — Actif, éveillé, chercheur.
Ara, s. m. — Charrue.
Aramir, v. a. — Conduire avec un rameau. Agir par la force.
Arantelle, s. f. —  Toile d'araignée.
Araper, v. a. — Atteindre, c'est le contraire de déraper.
Arbelion ou orbelion, s. m. — Furoncle, gros bouton.
Are — Du verbe aresir, devenir sec, cassant, desséché, rugueux.
Argueniasses, s. f. p. — Sales guenilles.
Argounère ou arcounère, s.f. — Coin de cour entouré de fagots, où l'on fait des semis à l'abri des volailles.
Arratir, v. n. — Ronger comme les rats.
Arre (en). — Arrière.
Arré, adv. — Voilà, c'est ainsi ; de plus, encore. Termine souvent la phrase : Ol est de même arré ! Y ferons tchieu, arré !
Arrebuchat (aller à l’), loc. — Aller à rebours. Vient de arre, arrière, et de buchette. Les bergers jouent un jeu qui a trait à ces deux expressions.
Arria ou arrial, loc. — Tomber dans l'embarras, dans des difficultés.
Arrialer ou arroler, v. a. — Mettre en ordre.
Arribots, s. m. p. — Menues choses qui tombent de l'air.
Arrimer, v. a. — Mettre d'accord.
Artiffaille, s. f. — Ajustement.
Attrinquer, v. a. — Réconforter, réparer. Vient de trinquer.
Attrocher, v. n. — Mettre en troches [troche : faisceau].
Ascelée (se mettre à l'), loc. — Se tenir sur les talons.
Augère, s. f. — Grosse noix dont les coquilles forment des augets [augets : cloisons en forme d'auge, par exemple d'une roue à augets d'un moulin à eau].
Auve, s. f. — Auge, lame de roue de moulin.
Avagner, v. a. — Fatiguer.
Avère, adj. — Fruit dur à ouvrir. On dit une vache avère quand elle donne mal son lait [avare?], que le pis est dur.
Avier, v. a. — Allumer, souffler le feu.
Aveindre, v. a. — Atteindre. Se retrouve dans plusieurs patois.
Avirer, v. a. — Faire virer le bétail du dommage.
Avolûer, v. a. — Prendre du volume et de la valeur.
Avoure, loc. — À cette heure.
Ayrault, s. m. — Petite cour, petite aire.


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B
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Babeluche, s. f. — Dépôt, sédiment, écume.
Babijot, s. m. — Barbouillage mis sur la surface d'un vase avec les lèvres ou les mains.
Bac, s. m. — Evier. La place d'un évier doit être et est souvent [en 1867] derrière la maison, au dos du mur [d’où l’etymologie anglaise : back]
Badail, s. m. — Ouverture, entrebâillement.
Badaillon, s. m. — Ce qui pend à la mâchoire inférieure des chèvres.
Bader, v. a.  — Ouvrir, entrebailler.
Badigoulés — C'est la partie inférieure du visage, lèvres, mâchoires, etc. (Rabelais dit badigoinces). Par extension on a fait bagouiller, bavarder.
Badrole, adj. — Niais, sot.
Bagauder ou bogueder, v. n. — Quand les fruits à bogues sont mûrs, celles-ci s'entr'ouvrent.
Bagnole ou baniole, s. m. — Grand panier qui sert à porter des belles ou du foin à l'étable.
Bagoulier — Vient de bagonisier, gosier.
Balaise, s. f. — Balais plat de genêt pour l'aire.
Baler, v. n. — Surnager, danser sur l'eau, danser dans ses habits.
Balet, s. m. — Petit hangar.
Ballin, s. m. — Drap de toile grossière.
Balot, s. m. — grosse lèvre.
Bardou, s. m. — Âne.
Baroler, v. a. — Couper la laine pendante des brebis.
Barolu, s. m. — Qui a les cheveux courts comme la barbe.
Barge ou berge, s. f. — Tas de foin ou de paille.
Basir, v. n. — Disparaître comme une vase, base. [?]
Bassiot, s. m. — Baillotte. Diminutif de basse pour baille, dont bassée, auge en pierre, est encore le diminutif.
Bassir, v. a. — Creuser, baisser.
Bassotter, v. n. — Se dit du linge mal teint ou mal lavé, dans un bassiot. Bassotin, cuve de teinturier.
Batlager, v. n. — Délirer, tergiverser.
Baudelle, s. f. — Belle flamme qui réjouit, ébaudit.
Bauger, v. a. — Jauger.
Bauler, v. n. — Se dit des chiens qui hurlent.
Bazanne, s. f. — C'est la peau de l'estomac.
, s. m. — Bief [canal d'irrigation].
Beccot ou becot, s. m. — Tout ce qui a forme de bec. Jet ou branche qui, n'étant pas complétement rasée, a forme de bec.
Bede, bedot ou veda, s.— Jeune veau ou vêle.
Bedoche ou binoche, s. f. — Houe servant à biner, bêche.
Bège, s. m. — Coupé en bec.
Beguette, s. f. — Brebris propre à produire.
Begueter, v. n. — Crier comme chèvre et brebis.
Benasse, s. f. — Petit bien.
Bère, v. n. — Boire.
Berlaude, s. f. — Brebis maigre, dure.

Bernasse – [Se dit d'une fille qui rate ce qu'elle fait : « elle est bernasse ». Vient du latin ab renuntiatio, résignation, renonciation. Beurnacio ! Juron, en référence à l’abjuration forcée à laquelle ont été soumis les protestants après la révocation de l’édit de Nantes [ng]].
Berque ou beurque, s. f. — Pied cormier, souche séparative.
Berquer, v. a. — Se heurter, se cogner contre un obstacle, une souche. De ce fait on a appelé berque la bosse ou grosseur provenant d'un coup.
Berquiet, s. m. — Trique, béquille, par dérision jambe maigre.
Berquiéser, v. n. — Boiter. Au figuré, ne pas agir avec droiture.
Bertaud, s. m. — Cheville d'un moulinet.
Bertauder, v. a. — Passer une corde dans le bertaud pour lier une charge.
Besson, s. a. — Jumeau.
Betin, s. m. — Bécombres, terreau en butte.
Beuille (prendre de), loc. — Se dit d'une bouture sans racines qui n'est alors qu'une petite branche, une bille [bille : chaume coupé haut].
Beuilleaud, s. m. — Champ encore couvert de son chaume sec.
Beuiller, v. n. — Couper le chaume très-haut, ce chaume prend alors le nom de bille, en patois beuillat.
Beurgne, s. f. — Bosse au front, bosse au chapeau, etc.
Bezi, s. f. — Petite chèvre.
Bezou, s. m. — Toupie en buis.
Biauger, v. n. — Grouiller. Se dit des animaux.
Biaule ou biaude, s. f. — Blouse.
Bibier, v. n. — Troubler la vue. Quand on est bibic, il semble voir voltiger des mouches.
Bicourger, v. n. — Plier une chose sur elle-même. Le poil ébouriffé est bicourgé.
Bidet, s. m. — Numéro premier.
Bidrouille, s. f. — Mauvais vin. Vient de bidon.
Bigacer, v. n. — Commercer sur les animaux sans valeur, particulièrement sur les chèvres, biques.
Bignolon, s. m.—Sorte de coiffe.
Biguenail, s. m. — Fourrage vert pour les brebis et les biques.
Biguenailler, v. n. — S'amuser à des riens, faire un petit négoce.
Bijer, v. a. — Embrasser.
Bireuil, adj. — Louche, qui tourne l'oeil.
Birougne, s. f. — Vrille.
Biscois, s. m. — Qui est de travers, homme aux allures peu franches, esprit troublé.
Biscoter, v. n. — Boiter, sautiller, aller de çà et de là.
Biscouette ou bascouette, s. f. — Hoche-queue [oiseau].
Bistrac, s. m. — Qui boite un peu, qui tire la jambe, qui est cagneux.
Bisse, s. t — C'est un des noms du rouge-gorge.
Blé chape ou chaperon — Blé en glume [glume : enveloppe du grain].
Borde, s. f. — Arrête de poisson , barbe de céréale.
Bot, s. m. — Sabot.
Boube, s. — Bombé. Vient de bulbe, renflement.
Boubelin, adj. — Bouffi.
Boudingue, s. f. — Vessie, gros boudin.
Boudrer, v. a. — Se salir, se crotter en marchant, se graisser de boue.
Boudroux, adj. — Qui est sale. Parfois on nomme les guêtres boudrouses.
Bougette, s. f. — Bourse de cuir.
Bouhelle, s. f. — Petite houe, houelle.
Bouloton, s. m. — Objet en forme de boule.
Boune, s. f. — Borne.
Bouquelion, s. m. — Panier dont l'entrée est étroite.
Bouraillé, adj. — Mal peigné, travail mal fait, comme ébourré.
Bourbe, s. f. — Grosseur, tumeur.
Bourder, v. a. — Heurter.
Bourgne, s. m. — Corbeille faite de paille et de ronces fendues, ayant forme de vase.
Bourgner, v. a. — Frapper à petits coups, donner des bourrades.
Bourgnon, s. m. — Engin de pêche en osier ayant forme de bourgne.
Bourlot, s. m. — Festin pour marquer la fin d'un travail.
Bourloter, v. n. se réjouir, festiner, se divertir après le travail d'une saison.
Bournais, s. m. — Ruche de paille et de ronces fendues, comme la bourgne, arbre creux ou simplement d'un tronc d'arbre.
Bourrin, s. m. — Mauvais cheval.
Bourolle, s. f. — Vessie.
Bourollon, s. m. — Masse arrondie et bourrée.
Bousine ou bouine, s. f. — Mouche de bouse.
Bousineries ou bouzineries, s. f. p. — Bagatelles.
Bouter, v. a. — Fouiller la terre.
Bouttesoule, s. f. — Boue de brouette qui fonctionne seule.
Bouzail, s. m. — Bedaine, ventre.
Brage, s. m. — Piquette.
Braie, s. f. — Broyon pour les plantes textiles.
Braminer, v. n. — Crier la faim.
Bran, s. m. — Son.
Branger, v. a. — Labourer, après la moisson enlevée, un champ qu'on prépare pour guéret [guéret : défrichement].
Branger, v. n. — Déchaumer.
Braveté, s. f. — Exprime l'idée de beau, de cossu, de bien mis.
Brécher, v. n. — Faire brèche dans les gâteaux de miel d'une ruche, dans les brèches.
Bréchet (faire), loc. — Récolter deux fois.
Bredasse, s. f. — 1. Femme tracassière. 2. Recevoir une chasse, s'en aller avec rien. Peut-être le mot bredouille en vient-il.
Bredasser, v. n. — S'occuper à des riens.
Bredasson, adj. — Qui se mêle de tout.
Bredoquer ou breloquer, v. n. — Entrechoquer comme le font des breloques.
Bregeole, s. f. — Bête qui est depuis longtemps à la bergerie.
Bregosse ou brecosse, s. f. — Vieille femme caduque. C'est un terme de mépris. On dit aussi vieille cosse, vieille chouette. La syllabe 'bre' exprime le dégoût.
Brele, adj. — Creusé par un ver.
Brelaud, s. m. — Petit ver.
Brelaudé, p. — Véreux.
Brelière, s. f. — Anse.
Brelinage, s. m. — Bélinage [accouplement du bélier et de la brebis]. On dit aussi brelin pour bélin.
Breliner, v. a. — Diminutif de branler. Ce mot a donné brelinettte ou brelingue, sonnette.
Brellander, v. n. — Propager un bruit. Les brelandiniers sont des marchands des rues qui crient aux passants.
Brenasson, s. m. — Bluet, fleur qui a donné bluelle.
Brenée, s. f. — Sorte de soupe au son.
Brenuser, v. a. — Emietter, s'amuser a des riens, perdre son temps. On dit aussi vrenuser.
Brenuson, s. m. — Miette de de pain.
Breton, s. m. — Étincelle très explosive.
Bretouner, v. n. — Produire des étincelles.
Briffaut, s. m. — Crêpe avec taille de pain, crêpe grossière.
Bringue, s. f. — Poulinière stérile.
Bringuer, v. a. — Sauter, courir.
Brizeau, s. m. — Fourrage vert composé souvent de légumineuses, de céréales et de graminées.
Brouéta, s. m. — Buis.
Brouiller, v. n. — Trier dans un bois qu'on fagote le gros bois du menu.
Brous, s. m. — feuillage tendre.
Broussée ou boussée, s. f. — Touffe de feuillage, de jeunes jets...
Brumail, s. m. — Brouillard. Les personnes qui voient mal disent qu'elles ont le brumail.
Brut, s. m. — Bruit.
Bu, s. m. — Boeuf.
Buchailler, v. n. — Ramasser des buchettes.
Buffé, adj. — Creux, soufflé.
Buffer, v. a. — Souffler.
Buffou, s. m. — Tube dans lequel on souffle pour allumer le feu.
Bugée, s. f. — Lessive.
Burgauder, v. a. — Bourdonner.
Burgot, s. m. — Couvert de bure. On nommait ainsi quelques religieux du moyen-âge. Rabelais, dans ses Oeuvres complètes, parle des “moines burgotz”, c’est-à-dire couverts de bure.
Burin, s. m. — Vêtement de bure.
Buyot, s. m. — Petite buire, vase à boire.


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C
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Cabourne — Creux (peut être dérivé de caverne ou cabane). Un arbre creux est dit cabanou. Rabelais, dans ses Oeuvres complètes, parle de “la cabourne des briffaulx”, qui signifie le capuchon de bure des moines. Les briffaulx étaient des moines gourmands (briffaut, en patois crêpe grossière). En découlent les mots bourgne (récipient) et bournais (arbre creux).
Cademandale (battre la). — Courir çà et là comme les jeunes chiens qui flairent tous les objets et paraissent quémander.
Cadru, adj. — Accablé, déçu.
Cagne, s. f. — 1. Terme de vénerie. C'est le nom donné à la chienne. 2. Jeu de la toupie ; petite entaille comme en ferait une dent de chien.
Cagner ou canner, v. a. — 1. Faire des trous sur une toupie avec le fer d'une autre. 2. Caponner [se montrer lâche]. « Tu es lâche comme un chien, dit le gamin brave à son camarade peu courageux, tu cagnes ».
Cagnon, s. m. — C'est un morceau de pain de la grosseur nécessaire au repas d'un chien (le français a quignon). Par extension on nomme ainsi un morceau de bois ou de pierre ayant ces proportions.
Cagnot, s. m.— Jeune chien.
Cagou — Hypocrite (peut être du celtique de caas-Goths, chiens de Goths).
Cagouet, s. m. — C'est l'endroit de la nuque ou se plie et se relève le capuchon ou
la cagoule.
Cagouille, s. m. — Limaçon [escargot]. La coquille du limaçon a la forme d'un capuchon.
Caler, v. a. — Enlever la calosité.
Caler, v. n. — Plier, céder au temps, agir avec plus de modération, faire le poltron.
Calet, adj. — Nu, dépouillé.
Calot, s. m. — Calosité.
Calouper, ou chalouper ou chaluper, v. n. — Prendre la cosse ou la calosité. Se dit des plantes légumineuses.
Cail, s. m. — Caille.
Calourgne ou calorgne, s. m. — Louche.
Carne, s. f. — Vieille rosse, vieille chienne maigre.
Carnon, s. m. — Box d'écurie  petit compartiment. On dit aussi crenom.
Carre, s. f. — C'est le lieu où l'on fait carrer les chevaux [carrer : installer].
Carribot, s. m. — Petit carré de terre.
Carolon, s. m. — Coiffure sans visière.
Caver, v. a. — Creuser. On dit aussir chaver.
Chaffrais, s. m. — Bruit, tapage.
Chail, s. m. — Silex.
Chalin, s. m. — Tonnerre.
Chaline, s. f. — Orage.
Chaliner, v. n. — Tonner.
Chalinoux, adj. — Orageux.
Challonger, v. a. — répéter, vendiquer un héritage [de l’anglais challenge] ; le patois en a fait le synonyme de lanterner, prolonger.
Chalupe, s. f. — Cosse, enveloppe.
Channe, s. f. — Conduit, tube, robinet.
Channebeaut, s. m. — Chenevière.
Channebin, s. m. — Chanvre filloupé, filasse.
Channebois, s. m. — Chênevis.
Chauveni, s. — Moisi.
Chauvenir, v. a. — Se couvrir de moisissure, en parlant du pain, ce qui a lieu chaque fois que le pain a vieilli.
Caper (se), v. p. — Se tapir.
Carte, s. f. — Saison d'été, le quart de l'année.
Casseron, s. m. — Petite boîte ou coffre qu'on met sous les moulins à vanner.
Caver, v. n. — Creuser.
Cendrille, s. f. — Mésange cendrée. Cendrillette, piège.
Cendrillette (faire la). — Se suspendre comme la cendrille.
Cenelle, s. f. — Fruit de l'épine blanche, fruit du du houx. Le poitevin dit sener pour semer.
Cha, prép. — Par. On dit cha-z'un, par un ; chapetit, sous-entendu par, c'est-à-dire par petits pas.
Chaclie, s. f. — Claie ou longue planche qu'on met aux deux côtés d'une charrette.
Chaclier, v. n. — Ternir, rendre opaque, tacher.
Chaclieure, s. f. — Tache de poussière sur le verre, trace graisseuse.
Chaffre, s. f. — Drupe de la noix, on s'en sert pour chafourer les meubles grossiers.
Chail, s. m. — Silex.
Chaler, v. n. — Éprouver aux mains ou aux pieds une forte sensation de froid ou de chaleur ; comme dans les deux cas le mal est cuisant, la même expression est employée.
Chambarder, v. a. — Détruire, casser, rompre.
Champayer, v. n. — Faire paître. Vient de champeaux.
Champeaux ou chambeaux — prés.
Chaplure, s. f. — Pain émiétté pour la cuisine ; chaple, gros sable.
Charbe, s. m. — Chanvre.
Charquois, s. m. — Carcasse.
Chareuil, ou chaleuil, ou caleil, s. m. — Lampe à main.
Chariot, s. m. — Avant-train d'une charrue.
Chaume, s. f. — Terre au repos, terrain vague.
Chavant, s. m. — Chat-huant [mot duquel est issu chouan].
Chavêche, s. f. — Oiseau de nuit.
Chaveuiller, v. n. — Clignoter, voir imparfaitement.
Chaveuillon, s. m. — Qui voit mal, qui a les yeux renfoncés et petits.
Chebresailler, v. n. — Remuer les paupières et les cils comme les chèbres, chèvres.
Chebrie, s. f. — Sifflet d'écorce imitant le cri du chevreau.
Chèler, v. n. — Tracer. Se dit des végétaux.
Chèlon, s. m. — Rejet.
Chenolle, s. f. — Anse de panier.
Chenu, adj. — Cossu. Vient de chêne, le plus beau des arbres.
Chenucher, v. n. — Se plaindre en pleurnichant.
Chenucherie, s. f. — Pleurnicherie.
Chepsaut, s. m. — Tête de champ.
Chicoter, v. a. — Asticoter.
Chiffres ou chiffrailles — Débris de construction. Échiffre, mur rampant, qui sert de base à un escalier.
Chintre, s. f. — Ceintre gazonné d'un champ.
Choppe, adj. — Blet [ramolli], par extension sans consistance.
Chopsir, v. a. — Devenir blet, tourner en eau.
Chut, adv. — Absence de bruit, par extension, absence d'une chose quelconque.
Cince, s. f. — Perche munie de guenilles ; cincenelle, cordage.
Ciliéré, s. m. — Porte cuiller, petit meuble de la campagne.
Clan, s. m. — Étendue d'eau, une inondation, une grande mare.
Clabon, s. m. — Morceau de braise.
Clabot ou cabot, s. m. — Se dit d'un oeuf pourri, d'un limaçon [escargot] creux, de tout objet vide où la vie n'existe plus.
Cocue, s. f. — Ciguë.
Cocher, v. a. — Faire une entaille; coche, entaille.
Coet, s. m. — Sorte de godet où l'on met la pierre à aiguiser ou queue.
Coeurarson, s. m. — Estomac brûlant.
Cohabiner, v. n. — Aller lentement, lenterner.
Coie ou coiloquinte, s. f. — Gourde.
Colis, s. m. p. — Débris et balles entraînés par le balais.
Colla (avoir l'air), loc. — Niais. — Quand on ne réussit pas en ce qu'on entreprend, on a l'air colla.
Couler ou coler, v. n. — Glisser un balais plat sur le blé jeté au vent, c'est couler.
Colour, s. m. — Balais plat. Ce mot indique aussi celui qui coule le balais.
Coirer, v. n. — Fermer avec une coire, cuir.
Coqueluche, s. f. — Sommet ; coqueluchon, capuchon.
Cormer, v. n. — Laisser des terres se préparer par le temps, comme on laisse une corme devenir blette [corme : fruit apparenté aux pommes et aux poires ; blette : ramollie].
Corner ou corgner, v. n. — Loucher, regarder les angles de l'oeil.
Coti, adj. — Mal portant, fruit piqué ; cotir, meurtrir, en parlant des fruits.
Cougner, v. a. — Mettre dans un coin, dans une encoignure.
Couit, part. — Couvé. On nomme aussi coui l'embryon du poussin.
Couit (être) , adj. — C'est être perdu, agonisant.
Couisse, s. f. — Panier pour faire couver ; ce dernier se dit couer.
Courail, s. m. — Verrou, targette.
Courailler, v. a. — Verrouiller.
Coure, adv. — Quand.
Courette, s. f. — Trace qui court sur la peau.
Coussa, s. m. — Houx.
Cracasser, v. n. — Criailler comme les pies.
Coussotte, s. f. — Godet, queue, sotte.
Craquelle, s. f. — Crâne, os qui contient le cerveau. La boîte osseuse de la tête est d'aspect craquelé.
Creni, s. m. — Maladif, mauvais fruit.
Crignolet, s. m. — Cornouiller [arbre].
Croliner, v. n. — Diminutif de crouler.
Cru, s. m. — Creux.
Crugeoti, s. m. — Plusieurs petits trous, jour de broderie.
Crustelle, s. f. — Endroit où se divisent et se croisent les branches d'un arbre. Écrucher.
Cuergeon, s. m. — Lanière, cuir étroit.


 
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D
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Dadiet (aller)  loc. — C'est aller avec lenteur.
Dadiré, adj. — Absent. Vient du verbe adirer.
Daiche, s. f. — Panier plat et carré pour mettre des coiffes. Panier en forme de bateau plat.
Dail, s. m. — Faulx. Dans quelques localités on dit deil.
Dale, s. m. — Conduit d'eau. Dalon, gouttière.
Débader, v. a. — Fermer la bouche.
Débouler, v. n. — Partir vite, s'en aller, fuir.
Décaler, v. a. — Ôter la callosité.
Décampe, s. f. — Allure, démarche. Vient de décamper.
Décaniller, v. n. — Faire sortir les chiens du chenil.
Décroler, v. n. — Ecrouler.
Décurailler, v. n. — Ce mot s'applique aux nuages ; quand un ciel couvert se nettoie, devient pur, il se décuraille.
Defors, adv. — Dehors.
Défrocter ou défréter, v. n. — Ôter les liens et les gaules qui bouchent un passage ; ôter des cercles.
Défrougne, s. f. — Défroque.
Défrougner (se), v. p. — Se gratter, se remuer, s'agiter dans sa défroque.
Défrouter, v. n. — Cultiver un sol couvert d'herbes.
Défruche, s. f. — Reliefs du repas ; par extension, débris, racines, etc.
Dégouailler, v. a. — Dégoiser [1. parler de trop, avec un trop grand débit. 2. familier : raconter].
Dégousser, v. v. — Ecosser. On donne aussi à ce mot la signification de dépenser. Rabelais dit esgousser.
Déjaboter, v. n. — Ouvrir les vêtements sur la poitrine, dire ce qu'on a sur le coeur.
Déjoubrer, v. a. — Débarbouiller, laver, nettoyer ce qui est couvert d'un jus quelconque.
Deleiner (se), v. p. — Se plaindre, se tourmenter, se mettre hors d'haleine.
Délinguer, v. n. — Perdre de sa valeur, de son mérite, de sa force.
Déluré, s. a. — Diligent, actif, décidé.
Dépelouner, v. a. — Oter les bogues des chataignes appelées pelons.
Dercher, v. a. — Toucher, tâter.
Déréger, v. n. — Faire de nouvelles raies ou lignes à un champ.
Désanier, v. n. — Chasser, détruire des insectes nés dans un lieu quelconque.
Désatempser, v. a. — Prendre, agir, cueillir, avant le temps.
Désérer (se), v. p. — Aller comme un insensé, avoir perdu son erre.
Désouant, loc. abréviative. — Dès avant.
Détaper, v. a. — Déboucher.
Détrouiller, v. n.— Dévider.
Détrier ou détrayer, v. a. — Sevrer, ôter le trayon [trayon : bout du pis d’une vache, d’une chèvre, etc., que l’on prend pour traire le lait].
Devoiter (se) , v. p. — Se dit des femelles qui ne produisent plus, qui se dévêtissent, se dessaisissent d'un bien.
Diencher, v. n. — Se dit d'un cheval qui porte la tête de travers, qui la lève ou la baisse.
Diéné, s. adj. — C'est le nom qu'on donnait autrefois aux pauvres. Saint-Maixent est la dernière ville du pays qui ait gardé cette expression.
Dindaine, s. f. — Festin, régal fait aux dépens d'autrui. Vient de dindon.
Diot, adj. — Idiot.
Dru, s. m. — Dieu.
Dousil, s. m. — Fausset, canelle.
Drailler, v. a. — Gercer, produire de petites hachures.
Dramer, v. a. — Déchirer, user, mettre en lambeaux, effeuiller, disperser, casser, briser, etc. Au figuré, de même qu'on dit d'une personne mal mise qu'elle est fagotée, le paysan fatigué se dit dramé, c'est-à-dire qu'il n'a pas plus de consistance qu'une poignée de paille.
Drediller, v. a. — Trembler de froid.
Dreliner, v. n. — Sonner.
Drigail, s. m. — Pauvre garde-robe.
Druge — Vigoureux.
Durou, s. m. — Chicorée des champs à tige dure.




 
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E
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Ébanouir (s'), v. — Tomber en défaillance, se sentir mourir.
Éberloquer, v. a. — Interloquer.
Ébloquer, v. a. — Ecraser subitement.
Ébouiller, v. a. — Écraser un corps mou, en faire bouillonner un liquide quelconque.
Ébouzacler ou ébouzicler, v. n. — Détruire un bouzillage. [bousillage : ouvrage bâclé, fait trop rapidement et sans soin, ou mortier composé de chaume et de terre détrempée utilisé notamment pour la construction des murs de clôture].
Ébrener, v. a. — Ecraser.
Ecambouille, s. f. — Grande pluie, inondation.
Échaclier, v. n. — Ecailler un poisson.
Échamelée ou chamelée, s. f. — Tas de foin de toutes qualités coupé dans l'épaisseur, ce qui donne un foin mêlé.
Échardril, s. m. — Chardonneret. Vient d'écharde, piquant de chardon.
Échoutir ou essoutrir, v. a. — Salir, tacher, souiller.
Écilles, s. f. p. — Restes de nourriture.
Éclisser, v. a. — Faire jaillir un liquide.
Éclissoire, s. f. — Petite seringue faite d'un tube quelconque.
Écouerat, s. m. — Bois vendu en pointe comme une couère (espèce de verrou tenu par un cuir).
Écrabouiller, v. a. — Écraser et ébouler [ébouler : désagréger]. On écrabouille les cendres pour dresser le feu.
Écrapoutir, v. a. — Écraser comme un crapeau.
Écrin de coffre, s. m. — Petit coffret dans le coffre même.
Édouver, v. n. — Amincir comme une douve [douve : ver parasite plat qui infecte le foie des moutons].
Effournier, v. n. — Fuir le nid.
Effraisis, s. m. — Effroi subit, panique de courte durée.
Effrimer, v. n. — Casser menu avec un bruit sec. Les feuilles sèches effriment.
Égalamber ou égoulamber, v. a. — Enjamber.
Égourmir ou dégourmir, v. a. — Dégourdir, réveiller, animer. C'est le synonyme de dégourdir, engourmir en est l'opposé.
Éguière, s. f. — Rigole.
Éjarrer, v. n. — Se dit du blé que le vent fait verser et emmêler.
Élipper ou s'énipper (s'), v. p. — S'animer en parlant. Vient de lippe, lèvre.
Éluser ou éloiser, v. n. — Faire des éclairs.
Éluse, s. f. — Eclair.
Embabijoler, v. n. — Enjôler par son babil [babil : bavardage].
Embobeliner, v. a. — Couvrir, entourer. Bobelin, ancienne chaussure du peuple.
Embretture, s. f. — Bifurcation. L’embretture d'un arbre se trouve à la division des branches.
Embrever, v. a. — Mouiller ; abreuver, humecter.
Émerliauder, v. a. — Mettre en bonne humeur. On devait écrire humeurliander.
Émisser (s'), v. p.— S'agiter.
Émisser, v. a. — Animer, exciter, rendre actif.
Émissé, adj. — Qui s'immisce.
Émoyer, v. n. — S'enquérir.
Émude, s. f. — Emeute.
Émuder, v. a. — Donner de l'émoi.
Encasser ou engasser, v. a. — Tomber dans l'ornière, dans le bourbier.
Encoinson, s. m. — Angle labouré d'un champ.
Endure, s. f. — Pâtis où l'on met les bestiaux pour les faire endurer, se calmer.
Enfarge, s. f. — Entrave pour les animaux qu'on met paître, afin de les empêcher de bondir, de fringuer [fringuer : sautiller, danser, en référence aux chevaux].
Engreline, s. f. — Longue lévite de toile, souvent misérable, déchiquetée. Engrêlé signifie dentelé tout autour.
Enguilbauder, v. a. — S'associer pour la danse, pour jouer des jambes, des guiboles.
Enraquer (s'), v. p. — Acheter une pauvre bête.
Envrellouner ou envrilonner, v. a. — Entortiller.
EnvrillonnerEmbrioler. [?]
Épaffer (s'), v. p. — S'essouffler, tomber paf.
Épérailler, v. a. — Ôter les pierrailles d'un champ.
Épiéter, v. a. — Avancer au travail, dépasser les autres.
Épiger, v. n. — Former des épis.
Épigeot, s. m. — Petit épis.
Épirailler (s'), v. p. — S'époumonner.
Épivarder, v. a. — Jouer du bec ; attaquer du bec et de la langue comme le pivert. Figure : les mauvaises langues toujours disposées à épivarder les défauts d'autrui.
Épivarner ou s'épiverner, v. p. — Se dit des oiseaux qui, en ébouriffant leurs plumes, les nettoyent avec le bec, les piquent aux premiers souffles du printemps.
Épontail, s. m. — Épouventail.
Épouffer, v.a. — Disparaître, se disperser.
Équener, v. n. — Fatiguer.
Érader, v. n. — Tomber, se faner à l'air. Un blé éradé est souvent échaudé.
Éraller, v. a. — Déchirer.
Érauder, v. a. — Conduire les boeufs en chantant un air lent et monotone, et sans parler.
Erbette (être à l’). — C'est être dans l'obscurité.
Eréner, v. a. — Éreinter. Ce mot se trouve dans la satyre Ménippée et dans les vieux auteurs.
Ermitou adj. — Avoir l'air mitou, chatte-mitte, sournois.
Ésabouir, v. n. — devenir fade comme l'eau, comme la sève, qui se dit sabe en poitevin.
Essamer, v. a. — Répandre de l'odeur, ce mot s'applique surtout au plantes.
Esquinter, v. n. — Accabler de lassitude.
Essoutrir ou échoutir. v. a. — Salir.
Essurber, v. a. — Harasser, rendre stupéfait.
Étalancher (s'), v. p. — Tomber de son haut, s'étaler.
Éti (sentir l') — Sentir le vieux, le renfermé, l’étique, ou l’antique, selon la prononciation locale.
Étiroler, v. a. — Diminutif du verbe étirer.
Ètrebeuille, s. f.— Trombe, tourbillon , spirale de poussière.
Ètreillour, s. m. — Poignée qui sert à dévider.
Étuvaillaud ou écuvraillaud, s. m. — Champ qui a porté une couvraille, une moisson.
Ève, s. f. — Eau.
Èvredon, s. m. — Idée subite, fuite inattendue, action rapide.




 
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F
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Fagne, s. f. — Boue. « Tiel enfant est tout fagnoux, couvert de boue » (fagne vient de fange).
Fagnisser, v. a. — Faire de la boue.
Fagnoux, adj. — Fangeux.
Fayant, s. m. — Hêtre.
Fazier, v. a. — Ce mot, que nous avons entendu rarement, s'applique dans un cas : un vase est-il plein, surtout le seau du puits, on dit : « il n'a pas fazié » ; n'est-il qu'à moitié rempli, on dit : « il a fazié ».
Fedon, s. m. — C'est le fruit de l'année dans les espèces asines et chevalines [asine : relative à l'âne].
Fécelle, s. f. — Vase en terre ou en bois percé de trous servant à égouter les fromages.
Fenaillon, s. m. — Tout ce qui est fané, choses et visages.
Fenarder, v. n. — Se dit de l'herbe qui se coupe dans les moissons et les bois, qui fane sur pied.
Fetat ou futat, s. m. — Rameau, branche.
Fiale, s. f. — Tige herbacée. Effioler signifie ôter les fanes [fane : feuille tombée d'un arbre].
Fiçonner, v. a. — Piquer. Se trouve dans Brantôme.
Filtoupier, s. m. — Qui prépare les étoupes pour être filées [sous-produit fibreux non tissé issu essentiellement du travail du chanvre ou du lin].
Fissouner, v. n. — Siffler comme les serpents.
Fisson, s. m. — On désigne ainsi la langue fendue des serpents que les ignorants regardent comme un aiguillon ; par extension on nomme aussi fisson le dard des abeilles.
Flamboise, s. f. — Framboise.
Flanquer, v. a. — Jeter sur..., donner un coup.
Flatrer (on dit généralement flater), v. a. — Rapporter, dénoncer.
Foguer, v. a. — Gorger, remplir de nourriture.
Fouassé, s. m.— Mauve sauvage, alcée des champs, folle-alcée.
Fougé, fougeail, fouget, s. m. — Foyer.
Fougerne, s. f. — Faux germe, foetus.
Fouillard, s. m. — Branche feuillue.
Foultre, s. f. — Mouvement spontané et furieux parmi les animaux d'une foire.
Foupi, adj. — Chiffonné, qui a ses vêtements fripés.
Foupir, v. a. — Chiffonner, manier rudement des choses fragiles, délicates, mais flexibles.
Fournayer, v. a. — S'occuper de la cuisson du pain.
Frale, adj. — Fragile, cassant, fendant.
Fraler, v. a. — Griller, roussir.
Framer, v. n. — Répandre de l'odeur, sentir mauvais.
Freliner ou frelasser, v. a. — Synonymes de dreliner [sonner].
Frenicler, v. n. — Se remuer, s'agiter.
Frenicloux, adj. — Chatouilleux.
Frètaillon, s. m. — Rameau, menu bois.
Frète, s. f. — Branche flexible. De ce mot on a fait fretasser, battre avec une verge.
Frèter, v. a. — 1. Frayer par le frottement. 2. Clore un passage, faire une haie avec des frètes.
Freti-freta (s'en aller), loc. — C'est une onomatopée qui rend le bruit d'une marche rapide.
Fresois, s. f. — Orfraie.
Fretoc, s. m. — Ratière composée d'une lourde pièce de bois et d'une frète flexible sur laquelle s'attache l'appât.
Frigaler, v. a. — Courir la bonne chère.
Frindre, v. n. — Délier les gerbes dans l'aire et les battre.
Fringuenaille, s. f. — Haillon, loque qui sautille en fringant.
Fringuer, v. a. — Sauter, bondir.
Fringui, s. m. — Petit bal, air pour faire danser.
Frintis, s. m. — C'est l'aire couverte d'épis régulièrement rangés.
Friouler, v. n. — C'est le bruit de la graisse ou de l'huile dans la poêle, et de tous les corps incandescents dans l'eau. C'est mot à mot frire avec un liquide.
Frout, adj. — Herbu, couvert d'une folle végétation.
Fumeler, v. a. — Arracher çà et là les plantes les plus mûres d'un champ, trier, séparer, comme on sépare le chanvre mâle du chanvre femelle, fumelle.
Fumorger, v. n. — Ôter le fumier d'une étable.
Furcheter, v. a. — Fouiller, chercher.
Furcheteur, s. m. — Qui cherche partout.
Furgeailler, v. n. — Diminutif de fourgonner [fourgonner : remuer le feu avec un fourgon].




 
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G
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Gabegie ou gabatine, s. f. — Tromperie.
Gaber (se), v. p. — 1. Se remplir, manger, manger à la gamelle. 2. Se moquer, railler.
Gabot, s. m. — Petite mare, un trou plein d'eau. Le paysan dit dans ce cas : « In
gassot grand coum ine éthieulle ».
Gadrouiller, v. a. — Trépigner dans la fange, se couvrir d'eau sale.
Galvauder, v. a. — Rapiner, maltraiter les moissons, les fruits.
Gaisser, v. n. — Taler [taler : abîmer un fruit en lui faisant subir un choc].
Gealle, s. f. — Engelure.
Giries, s. f. p. — Simagrées.
Galarne — Vent de galarne, soufflant du nord-ouest, redouté des paysans.
Gamache, s. f. — Guêtre. Le français nomme gamache des bottines de toile cirée.
Gambillon (à), loc. — Jambe de ça, jambe de là ; à califourchon.
Gamboiser (se), v. p. — Marcher avec circonspection, avec raideur.
Ganarre, s. f. — Maladie qui porte à boire [alcoholisme]. Les buveurs chantent ce refrain : « De temps en temps – La ganarre, la ganarre, – De temps en temps – La ganarre me prend. »
Gandole, s. f. — Une femme qui se tient mal est souvent appelée grande gandole. On donne aussi ce nom à un vieux chapeau, à un mauvais parapluie, à une loque quelconque.
Garciller, v. a. — Gaspiller, manger son argent, faire le garçon.
Garguenat, s. m. — Gosier.
Garocher, v. a. — Lancer des pierres.
Garouage, s. m. — Cela signifie être en débauche, dans le plus grand désordre, voire même en sorcellerie.
Garouil, s. m. — Maïs. La feuille verte du maïs est rude, âpre, ce qu'il est aisé de juger en glissant la main de la pointe de la feuille à son pétiole.
Garouillaud, s. m. — Champ qui a porté du garouil [maïs].
Garouillet, s. m. — Maïs semé épais pour faire du fourrage vert.
Garse, s. f. — Femme sans pudeur.
Garsailler, v. n. — Courir les hommes.
Gasse, s. f. — Flaque d'eau dans un lieu quelconque ; un trou ou une ornière remplis par la pluie.
Gassot, s. m.  — Diminutif de gasse [flaque d'eau].
Gassouil, s. m. — Comme gasse [flaque d'eau].
Gassouiller, v. n. — Agiter, remuer l'eau.
Gassouillet, s. m. — Un petit lavoir.
Gavache — Homme sans honneur. Gavacher.
Gavanier, v. a. — Maltraiter une chose, détériorer, gâter un travail.
Gavaud — Les ouvriers appellent les apprentis gavauds.
Gavauche — désordre.
Gazeler ou garzeler, v. a. — Se cacher, courir dans les haies.
Gibrena, s. m. — Mince personnage, faible gibier.
Gigougner, v. a. — Gigoter.
Giguenail ou gigenail, s. m. — Estomac. Vient de gésier, qu'on prononce gigier ou gigeail.
Ginguette, s. f. — Vêtement qui couvre à peine les gigues [gigues : jambes].
Gioler, v. a. — Pousser des cris faibles, se dit d'un chien qui se lamente.
Giron, s. m. — Gouet, pied de veau.
Glas, s. m. — Glace, eau congelée.
Glat ou glet (avec ‘l’ mouillée, ou double ‘l’), s. m. — Ce mot ne s'applique qu'au pain mal cuit, ce qui en rend la coupe bleuâtre.
Glamot, s. m. — Graine ressemblant au froment, qui donne au pain une couleur bleuâtre et un mauvais goût. On la nomme aussi Queue-du-Renard.
Gleux, s. m. — Paille laissée sur pied.
Glouber, v. a. — Peler des boyaux.
Gloube, s. f. — Petit morceau de bois fendu qui sert à glouber. [?]
Godelle, s. f. — Longue dent qui fait soulever, entr'ouvrir, goder les lèvres [goder : faire un pli].
Godlan, s. m. — Longue scie à deux mains, servant à tronçonner les arbres.
Goize ou goaze, ou agoiz, s. m. — Gros froment.
Goguenion, s. m. — Pâté de fruits. Vient de gogue, ventre.
Gorder, v. n. — Quand une faulx est mal battue elle donne trop d'ampleur au tranchant, cela se nomme gorder, une faulx gordée est très impropre à faucher.
Gorette, s. f. — Chaperon de mur taillé en demi-rond.
Gorouner, v. n. — Produire des gorets, gorounée ou laitée, petits gorets.
Gosser, v. a. — Conter des bourdes.
Gouffe, adj. — Se dit d'un tranchant trop épais.
Gouger, v. a. — Mettre de la nourriture dans le cou d'une volaille.
Goumiteux, adj. — Qui crache beaucoup, qui est peu sain ; pituiteux, qui fait de vilains crachats.
Goumon, s. m. — Grosseur de la gorge, immédiatement sous le menton, causée par la graisse ou du mal.
Gourbillon, s. m. — Un petit terrain.
Gourlasse, s. f. — Étoffe très ferme, morceau de peau végétale.
Gousser ou gosser, ou goussiller, v. a. — Couper, trancher avec un couteau, par extension, avec tous les instruments tranchants.
Gousselion ou gossilion, s. m. — Menu copeau.
Goustre, s. m. — Couteau de peu de valeur.
Grabasser ou crabasser, v. n. — Tousser, cracher comme un malade.
Grabasson ou crapasson, s. — Individu de petite taille, sans vigueur.
Grabot, s. m. — Caboche de graine, particulièrement de légumineuse.
Graffigner, v. a. — Égratigner.
Grapaud, — Crapaud, animal lourd et engourdi.
Grappe, adj. — Avoir les mains, et même les membres croches et inertes par l'effet du froid.
Gramoyer ou gramover, v. n. — Mouvoir ses membres engourdis.
Grappauder, v. n. — Grimper difficilement, marcher avec des membres engourdis.
Grappouiner, v. n. — Comme dessus.
Grelayer, v. n. — Se servir de la grêle.
Grêle, grelle ou greloir, s. f. — Crible. Ce mot a pour diminutif grenole ou grinole, une petite grêle.
Greneaud, adj. — Qui n'adhère pas, chose roulante, objet grenu.
Greneauder, v. n. — Rouler, crouler comme du grain.
Grenote, s. f. — Corbeille où l'on met du grain.
Grenoter, v. n. — Jeter, semer le contenu d'une grenote.
Gresailler, v. n. — Trembler, greloter.
Gresolle, s. f. — Groseille.
Grette, s. f. — Parcelle ligneuse, débris de chanvre.
Gribouil, s. m. — Grabuge. Dans la satyre Ménippée on trouve garbouil.
Gringot, s. m. — Réunion, rassemblement de deux ou trois personnes.
Gringue, s. f. — Petite dent d'enfant.
Gringuenasser, v. a. — Grincer les dents.
Gripeau, s. m. — Lieu escarpé.
Groie, s. f.—Terre pierreuse, calcaire.
Grouail, s. m. — Pierrailles.
Grouer, v. a. — Grouper. Se dit des poules qui groupent leurs poussins sur la terre.
Grune, s. f. — Se dit des fruits en grappe.
Gueder, v. n. — Gorger de nourriture.
Gueiller ou oeiller, v. a. — Regarder fixement.
Guibole, s. f. — Nom plaisant de la jambe.
Guichoire, s. f. — Clysoir [long entonnoir fait de toile imperméable ou de caoutchouc qui sert à prendre des lavements].
Guignette, s. f. — Ratissoire qui n'a qu'un côté. Guignier, regarder de côté.
Guiller, v. a. — Glisser. Vient d'anguille.
Guillet, s. m. — Petite issue, passage étroit.
Gulle-gulle (à la), loc. — On dit aussi à la boulle-boulle, cela signifie agir rapidement.
Guller, v. a. — Coudre, aiguille se prononce agulle.




 
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H
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Halaner, v. a. — Mettre hors d'haleine.
Herpe, s. f. — Crible dont la forme rappelle celle d'une harpe.
Hiou, hou, hou, hou — Cri du poitevin en signe de réjouissance. On prétend que
ce cri était jadis une sorte d'invocation au roi des dieux.
Houzanne, s. f. — Buisson, rameau.
Huisse ou usse, s. f. — Arcade sourcillière, sourcil.
Huisset ou lusset, s. m. — Petite ouverture, huis.
Huppet ou suppet, s. m. — Petite huppe, mèche de cheveux. On dit aussi duppe, duppet et sumet.




 
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I
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Imbédient, adj. — Imbécile.




 
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J
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Jabot, s. m. — C'est l'estomac.
Jacasser, v. a. — Bavarder.
Jaitir ou jétir, v. a. — Être tourmenté. Jester, railleur.
Jalon, s. m. — Jale, jatte [espèce de vase rond, tout d’une pièce et sans rebord, de profondeur intermédiaire entre un grand bol et une écuelle].
Japer ou japir, v. a. — Ravauder [raccommoder à l'aiguille, repriser], faire des jaspures par le raccommodage [jaspures : couleur que présente un fil composé de plusieurs brins ayant des colorations différentes et qui est retors].
Jarnidié — Juron qu'on peut rendre par je renie Dieu.
Jarrat, s. m. — Longue tige herbacée.
Jarroler, v. n. — Jouer des jambes, jaser en courant.
Jarrosse, s. f. — Grosse gesse aux tiges molles et tombantes [gesse : plante herbacée].
Jarrouiller, v. n. — Tordre les jarrets en marchant.
Jau, s. m. — Coq. Un jeune coq se nomme jallet ; robinet de bois imitant vaguement une tête de coq.
Jaubrailler ou jabrailler, v. a. — Brailler haut.
Jaucoue, s. f. — Houque élevée [houque : plante voisines de l'avoine, utilisée comme fourrage].
Jaulage, s. m. — Fécondation de l'oeuf par le jau.
Jauler, v. n. — Féconder.
Jaumucher, v. n. — Combler un vase, le trop remplir.
Jaupailler, v. a. — Couper, moissonner haut.
Jaut, adj. — Haut, élevé.
Javaillon, s. m. — Épi plus court dans la moisson sur pied.
Javlon, s. m. — Javelle de sarment.
Javlonner ou jablonner, v. a. — Faire des javlons ou des javelles.
Javasser, v. n. — Babiller, jouer de la langue [babiller : parler très vite, parfois avec charme, pour dire des choses futiles].
Jeincolle, s. f. — Lisière, bande d'étoffe qui joint le col et sert à porter un poids quelconque.
Jiter, v. a. — Compter.
Jiton, s. m. — Jeton.
Joncer, v. a. — Balayer avec un balais de jonc.
Jotte, s. f. — Joue.
Jottereau — Gonflement de la partie inférieure des joues.
Jottrou, adj. — Qui a de grosses joues.
Joubrer, v. a. — Barbouiller la figure, barbouiller d'un jus quelconque.
Joutte, s. f. — Poirée [blette ou betterave sauvage ; joute est toujours en usage en Suisse].
Joutte-rabe, s. f. — Bette-rave.
Juchereau, s. m. — Juchoir.
Juchet, s. m. — Petit juchoir.
Juilles, s. f. p. — Lanière qui attache le joug.
Justin, s. m. — Vêtement de femme, sorte de casaquin [vêtement féminin de la fin du XVII siècle].
Juter, v. a. — Rendre du jus.




 
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L
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Lac, s. m. — En français, c'est une grande étendue d'eau dormante ; en poitevin, c'est une mare.
Lacheron, s. m. — Filament charnu, maladie des moutons.
Lacquer, v. n. — Boire au lac, à la mare.
Lagnou ou lanou, adj. — Paresseux, lâche, mou.
Lan, s. m. — Elan.
Landon, s. m. — Lisières.
Landouner, v. n. — Aller lentement.
Landoux, adj. — Paresseux.
Lappe ou nappe, s. f. — Bardane [plante].
Large, adj. — Généreux.
Lauder, v. a. — Dire des riens, chercher à plaire par des contes.
Laudes, s. f. p. — Contes, flagorneries.
Laudoux, adj. — Conteur.
Lavart ou lazvart, s. m. — Lézard vert.
Lebrerie, s. f. — Mangerie.
Lebrou, adj. — Mangeur, glouton.
Leugrer, v. a. — Graisser, huiler, se tacher. Ce mot vient d'huile, qu'on prononce eule, et de graisser.
Liasson ou glasson, s. m. — Glane ou liasse de légumes.
Lichausser, v. n. — Mettre des lies-chausses, jarretières.
Lichée, s. f. — Lippée. Vient de lécher, qui se dit licher. On dit encore relicheur, pour gourmand, parasite.
Lidoire, adj. — Se dit d'une chèvre en rut.
Lie, s. f. — Couleuvre. Fille trop fluette.
Limoirer, v. a. — Faire des traces visqueuses, comme la limace.
Limoiri, s. m.  — Trace gluante.
Lioube, s. f. — Morceau de bois fendu qui sert à liouber [laver des boyaux].
Liouber ou louber, ou glouber, v. n. — Laver des boyaux, enlever les parties adhérentes.
Lire (boire à la), loc. — Boire un plein vase sans s'arrêter. On dit aussi danser à la lire, c'est-à-dire à la file ; enfin on nomme lirette une bande d'étoffe.
Lissi ou lessi, s. m. — Eau de lessive.
Litrée, s.f. — Bande d'étoffe.
Lode, adj. — Paresseux.
Loche, s. f. — Limace.
Loge — Sorte de maisonnette, de servitude, dont la construction est presque en entier de bois et de paille, de bruyère ou de roseau.
Loré, s. m. — Laurier. Dans tout le pays de Melle on prononce lora ou loré indifféremment.
Louger, v. a. — Louer un domestique, etc.
Lugrer, v. a. — Graisser. Vient d'huile, qu'on appelle yeule.
Luzet ou lizette, s. m. f. — Graine luisante de la gesse des blés [gesse : plantes, qui peuvent être alimentaires ou réservées à l'alimentation animale].




 
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M
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Macher, v. a. — Contusionner, fouler.
Machure, s. f. — Meurtrissure.
Madeure, adj. — Lourd, compacte ; pain épais, humide et moite, comme le pain de seigle. Pomme de terre mal cuite.
Maglot, s. m. — Pain mal cuit. (V. Glamot.)
Magloton, s. m. — Grumeau de pâte.
Magni-magnaux, loc. — Gros personnages, les gros bonnets de l'endroit. Nous trouvons cette expression dans Rabelais.
Maigue, s. f. — Petit lait, lait doux.
Maille ou maillée, s. f. — Meule de gerbes.
Mailler ou amailler, v. n. — Former une maillée.
Maisselle, s. f. — Mâchoire.
Maingaillière ou migaillère, s. f. — Fente dans les vêtements pour glisser la main.
Mainzi ou mangi, s. m. — Nourriture verte, hachée, pour les oisons.
Malainoux, adj. — Pauvre diable.
Malan, s. m. — Ce mot varie de celui de malandre en ce que le premier s'applique aux hommes et l'autre aux animaux. Le radical est toujours mal, souffrance.
Malfin (une). — Une multitude, sans fin, une foule à faire mal.
Manivolle, s. f. — Farine légère qui se met sur les objets et les personnes dans les moulins.
Manoper, v. a. — Tripoter, manier, tâter.
Maquiller, v. a. — Manigancer, embrouiller.
Mar, s. f. — La mer.
Marageoux, adj. — Marécageux.
Maranme, adj. — Avare.
Margagner ou margouiller, v. n. — Piocher, travailler dans la boue.
Margagni, s. m. — Terre en mauvais état, travaillée, mouillée.
Marme, loc. — Ce mot est remplacé le plus souvent par ma foi. On dit avec toutes les significations possibles : « ma foi, oui ; ma foi, non ».
Marmusser, v. a. — Murmurer, parler entre les dents.
Marochon, s. m. — Houe.
Maroton, s. m. — Petit canard sauvage. Son nom, comme celui de la marouette, vient de mare.
Maroute, s. f. — Camomille puante, trés-amère.
Marraud, adj. — État d'un animal qui dépérit.
Marreler, v. n. — Se dit d'un champ où la végétation est inégale par place.
Marreau, s. m. — Espace, petit placiste [?] moins beau dans une moisson ou un pré.
Martagot ou maragot, s. m. — Nuage venant de la mer.
Mate ou matre, adj. — Mou, humide, corps sans consistance, comme du mastic, un grumeau de pâte.
Matouiller ou matrouiller, — Mâcher sans avaler, faire de la nourriture une sorte de mastic qu'on tourne et retourne dans la bouche.
Maufiner, v. n. — Manquer de nourriture, être privé.
Maunet, adj. — Malpropre.
Maupitou, adj. — Sans pitié, méchant, emporté. En vieux français, maupiteux.
Maussais ou moussais, s. m. — Fraisier des bois qui vient dans la mousse.
Mauvelance, s. f. — Malveillance.
, p.p. — Moi.
Mécelle ou mincelle, s. f. — mâchoire.
Meil, s. m. — Millet.
Mèle, s. f. — Nèfle.
Mêler, v. n. — Faire sécher les fruits au four, ou au soleil.
Mèlier, s. m. — Nèflier ou merêlier.
Meloir, s. m. — Claie servant à faire mêler [claie : treillis de fil métallique].
Membrut, s. m. — Cloison, lambris.
Mendrer, v. a. — Moindrir.
Mèrelicoton, s. m. — Pêche à peau lisse de la grosseur d'une forte merêle, d'où lui vient son nom.
Merienne, s. f. — C'est la matinée jusqu'à midi.
Met ou maie, s. f. — Pétrin [récipient où la pâte à pain est pétrie].
Métaillon ou mataillon, s. m. — Grumeau de pâte qu'on trouve dans le pétrin.
Métive, s. f. — Le temps de la moisson.
Métiver, v. n. — Moissonner.
Métivou, subst. — Moissonneur.
Metou, loc. — Moi aussi. [l’auteur pense qu’il vient du latin me item, mais il vient peut être plutôt de l’anglais me too]
Méture ou méteil, s. f. — Blés mélangés.
Meuiller, v. n. — Écailler.
Meulan, s. m. — Pratique d'un moulin. On dit aussi molan.
Meulangeur, s. m. — Meulier.
Michouné, adj. — Se dit d'un animal dont les muscles saillent sur les membres de la grosseur d'une miche.
Michouner, v. a. — Manger un morceau. Vient de miche.
Mige, migette, migeot. — Tous ces mots viennent de mie.
Migourée, s. f. — Une nichée d'enfants.
Millioque, s. f. — Bouillie de millet.
Minable, adj. — Miné par la misère.
Minole, s. f. — Truie.
Mioche, s. m. — Tas de fagots.
Mistrifriser, v. a. —Se parer.
Mistrifrisé, adj. — Muscadin, petit-maître.
Mistu, s. m. — Moitié âne, moitié cheval.
Mitan, s. m. — Milieu.
Mitou (avoir l'air),  — loc.
Mitron, s. m. — Mite de la farine.
Mitrouné, adj. — Marqué de petite vérole. Le mitron fait sur la farine des petits trous qui rappellent ceux du visage.
Moée ou mouée, s. f. — Amas.
Mogue, s. f. — Tasse qui va au feu.
Molue, s. f. — Morue.
Mongette, s. f. — Haricot, fève de moine. De moine ou a fait monge et Monjault, noms de localité.
Morcaduc, s. m. — Qui paraît fatigué, accablé.
Moret, s. m. — Noir des scieurs-de-long fait avec de la paille brulée, et qui sert à tracer.
Morgue, s. f. — Vieille brebis pourrie, infecte.
Mort-queue ou mort-couit, loc. — Mort sur pied.
Mouchasse ou moujasse, s. f. — Petite fille futée, petite mouche.
Moucher, v. a. — Couper l'extrémité des branches, pincer. Dans quelques localités on nomme mouche une fagotière [fagotière : personne qui met le bois en fagots].
Mouchon, s. m. — Souche, branche courte et grosse que supprime le jardinier aux arbres fruitiers.
Moure, adj. — Nom que les bouviers donnent au boeuf noir.
Mourner, s. m. — Mugir, le mugissement ressemble à une lamentation (de l’anglais mourning).
Mourre, s. m — Mufle.
Mourreau, s. m. — Muselière.
Mourreauder, v. a. — Museler.
Mourenne, s. f.—Petite baie, ou ce qui ressemble aux baies, petite mûre.
Mouter, v. a. — Grossir en rendement.
Mude, adj. — Muet.
Muer, v. n. — Changer.
Muette ou mute, s. f. — C'est un morceau de fer taillé en girouette qui sert à éloigner ou rapprocher la chaîne qui tient l'avant-train à la charrue. Les champs qui affectent cette forme prennent aussi le nom de muette.
Musset, s. m. — Moucheron. Se musser : se cacher, se fourrer dans un lieu retiré.




 
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N
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Nadre, adj. — Rusé , astucieux.
Nadreté — Finesse.
Naide, s. f. — Source qui coule souvent entre deux terres.
Naidoux, adj. — Qui a des sources, lieu mouillé.
Nappi, adj. — Très-mouillé.
Nau, s. m. — Contraction de noyau. Parfois on prononce na.
Naulet, s. m. — Petit pain blanc qu'on ne faisait jadis que pour les fêtes : Pâques et Noël, nau [nau : prononciation de Noël].
Neille ou neuille, s. f. — Ongle des animaux à pied fourchu. Cet ongle a la forme de clochette.
Neuzer, v. a. — Nuire.
Néve, s. f. — Neige.
Niau, s. m. — Oeuf au nid.
Nigeasser, v. n. — Vétiller, s'occuper à des riens. On dit aussi nigasser.
Nigeasson, adj. — Qui s'amuse à des riens, tatillon, méticuleux.
Nire ou neure, ou neuser, v. n. — Nuire.
Niot, s. m. — Un tout petit morceau à manger, presque rien.
Noisard, adj. — Chicanier.
Nore, s. f. — Belle-fille.
Nousille, s. f. — Noisette, fruit de la nouselière, petite noix.
Nousillate, s. f. — Chataigne, noix de chataignier.
Nuble, s. f.— Carie des blés, cryptogame noir [mousse, lichen], pulvérulent.




 
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O
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Oisi, s. m. — Osier.
Oitche, s. f. — Pâtis, verger, fruitière près la maison.
Oumée, s. f. — Excroissance, tumeur, grosseur qui vient à la tête des bêtes a cornes, et qui rappelle certaines protubérances qu'on voit sur les arbres, particulièrement sur l'orme.
Orgna de temps, loc. — Temps perdu, espace, laps.
Orgne, adj. — Paresseux.
Otou ou itou, conj. — Aussi. Vient du latin item [ou de l’anglais too].
Ouillage, s. m. — Complément de liquide.
Ouiller, v. a. — Remplir, rassasier, lasser, blaser, s'applique plus particulièrement aux liquides.
Ouillette, s. f. — Petit entonnoir.
Ouistratra ! — Cri poussé par les campagnards pour détourner les volailles des vergers. Ce cri est celui du traquet, petit oiseau.
Ourgouil, s. m.— Orgueil.




 
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P
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Pacaille, s. f. — Mouron des champs [petite plante annuelle à fleurs blanches]. Comme la pâquerette, il fleurit vers Pâques.
Palène, s. f. — Petite paille provenant d'herbes, surtout de graminées.
Palisse, s. f. — Palissade vive.
Palisson, s. m. — Corbeille de paille.
Palle, s. f. — Pelle.
Pallebaiser, v. n. — Bêcher.
Pallette, s. f. — Pelle du feu.
Pallever, v. n. — Se servir de la pelle.
Pallin ou ballin, s. m. — Pièce de toile servant à l'agriculture.
Pallissonner, v. n. — Faire des palissons [corbeilles de paille].
Panne, s. f. — Cuve à lessive.
Pannetrolle, s. f.— Digitale. Cette plante prend les noms de sa forme.
Papachin ou pupachin, s. m. — Vanneau.
Paour (on prononce paure), s. m. — Pauvre. La prononciation paour s’applique au mot peur.
Parçon, s. m. — Coin renfermé pour mettre du bétail, loge, box.
Parer, v. n. — Peler un fruit, lever une écorce ou de menus copeaux.
Parour, s. m. — Plane, couteau à deux mains.
Parure, s. f. — Pelure, peau qu'on enlève aux fruits avec le couteau.
Pascanade, s. f. — Racine que mangent les enfants.
Patafiole — Te baptise (que le diable te).
Patouiller, v. a. — Agiter de l'eau sale.
Patrouiller ou patouiller, v. n. — Trépigner dans la boue, écouvillonner un four.
Patrouillet, s. m. — Linge au bout d'une perche.
Patter, v. a. — Comparer, concourir, rivaliser.
Pattifagner, v. a. — Mettre les pattes ou les pieds dans la boue.
Pattiformat, s. m. — Similaire, de forme pareille.
Pau, s. m. — Pieu, piquet.
Paulu, adj. — Craintif.
Pautraille, s. f. — Gens sans aveu, misérables jadis en bande et couverts de haillons.
Pautrenier, v. a. — Manier grossièrement.
Pêchard, adj. — Couleur pêche.
Pegnotter ou paingnotter, v. a. — Mal manger, grignoter son pain.
Peille, s. f. — Pelouse.
Pelon, s. m. — Enveloppe du marron, la bogue, ou de fruit.
Pelouné, s. m. — Tas de chataignes dans leurs pelons.
Pempallène, s. f. — Tulipe des prés. On la nomme aussi damier.
Penaillons, s. m. p. — Guenilles.
Pencaillé, s. m. — Chou, pomme à feuilles frisées.
Penon, s. m. — Epi de maïs dépouillé de son grain.
Péra, s. m. — Poirier.
Père, s. f. — Poire.
Petasser, v. a. — Rapetasser [raccommoder grossièrement de vieux vêtements, y mettre des pièces].
Petat, s. m. — Pièce servant à raccommoder, à petasser.
Peton, s. m. — Cochon qui a des taches noires, des petats.
Petouner, v. n. — Murmurer, grogner comme un peton.
Pêtras, s. m. — Niais, empêtré, lourd comme une pierre.
Petrasser, v. a. — S'impatientier, pétiller.
Piarde, s. f. — Petite pioche.
Piau, s. m. — Poil.
Piaumuer, v. n. — Changer, muer de poil.
Pibole, s. f. — Flûte.
Piboler, v. n. — Jouer de la flûte.
Pibolou, s. m. — Joueur de flûte.
Pibot, s. m. — Anguille mâle de la grosseur d'une flûte.
Piche ou pichet. — Pot pour tirer, servir à boire.
Picocer, v. a. — Piquer avec le bec.
Piet, s. m. — Pli.
Piffre, s. m. — 1. Nez bourgeonné. Vient d'empiffrer, boire et manger avec excès. 2. Gousse d'ail grosse et longue comme un nez.
Pigacer ou pigasser, ou picasser, v. a. — Mettre de plusieurs couleurs, mettre de deux couleurs comme l'est la pie.
Pigeaud, adj. — Blanc et noir comme la pie.
Pigeauder, v. n. — Labourer la terre à moitié mouillée, alors de deux couleurs.
Pige, s. f. — Pointe qui sert à piquer.
Piger, v. a. — Piquer, creuser.
Pigouille, s. f. — Perche servant à conduire un bateau, long bâton.
Pigouiller, v. n. — Conduire à la pigouille.
Pigouillou, s. a. — Qui pigouille.
Pilet, s. m. — Tronc d'arbre.
Pinotte, s. f. — Petit saloir, cruche.
Pira ou peria, s. m.— Place du pirot [poumon].
Pire ou pirot, — Poumon.
Pire, s. f. — On nomme ainsi l'oie à cause de son cri.
Piron, s. m. — Oison, petit de la pire [oie].
Piscane ou Pisse-cannelle, s. f. — Sorte de seringue.
Piscantin, s. m. — Petit vin qu'on tire à la cannelle ou cannette.
Pitailler, v. n. — Amasser sou à sou, difficilement, vivre avec peine, liarder [liarder : lésiner, chercher à obtenir quelque chose au plus bas prix possible].
Plageoux, adj. — Qui pèle.
Placrer, v. a. — Plaquer.

Planche, n. m. – [Rang de vigne. [Source : dicopoitevin]].
Poe, s. m. — Trou.
Pôcre, s. f. — Grosse main, gros pied, grosse patte, trace.
Pocré, adj. — Ressemblant, comme une main ressemble à l'autre.
Pompilon, s. m. — Peuplier.
Poner, v. a. — Payer, miser.
Ponet, s. m. — Jeu d'enfant.
Ponne ou panne, s. f.— Cuve à lessive.
Pontif, adj. — Peureux. Le poitevin dit éponter pour épouvanter.
Poque, s. f. — Jeu de billes qui consiste entre adversaires à défendre les approches d'un trou.
Poquer, v. a. — Frapper une bille sur l'autre ; par extension, se heurter.
Portement, s. m. — Ce mot rend la phrase par laquelle on s'informe de comment se porte autrui. Se trouve dans Rabelais.
Potain, s. m. — Vase à couler la lessive.
Potelager, v. a. — Manier légèrement.
Potet, s. m. — Pot a eau.
Potte, s. f. — Patte.
Pottelager ou pottager, v. a. — Manier beaucoup un objet, mais légèrement.
Pouche, s. f. — Dépôt formé par l'huile.
Pougnange, s. m. — C'est la motte grosse comme le poing où vit le blé. Quand le blé est trop épais, nos laboureurs disent qu'il mange son pougnange, sa poignée.
Pougner, v. a. — Avancer trop le poignet en jouant aux billes.
Pougneter, v. a. — Lutter à faire plier le poignet.
Pougnon, s. f. — Petite fille grosse comme le poing.
Poulichoux, adj. — Peureux comme une pouliche.
Poutre, s. f. — Pouliche.
Pouvrer, v. n. — Faire la poussière.
Pra, s. m. — Pièce de bois servant de timon mobile pour les boeufs.
Pranture, loc. — Probablement.
Prasse, s. f. — Passereau.
Prebin, s. m. — Provin [sarment de vigne ou rameau d'arbre qu'on couche en terre pour lui faire prendre racine].
Precarrer (se), v. p. — Mot à mot pour se carrer [se carrer : être à l'aise dans un siège, se caler].
Prêchat, s. m. — Petit prêcheur, faible orateur.
Prelucher (se), v. p. — Se pour-lécher.
Prime, adj. — Précoce.
Primoge ou primeloge, adj. — Lieu qui donne des produits précoces, les primeurs elles-mêmes, choses hâtives.
Pringuer, v. a. — Piquer.
Pue ou puon. — Pointe, épine, dent de rateau, de peigne, etc.




 
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Q
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Quaiche, s. f. — Petit navire.
Quenaille, s. m. — Enfant à la mamelle. Les plaintes des enfants sont en effet des quenées.
Quenaillerie, — Lamentations. Le mot quenaillerie, souvent confondu avec canaillerie pour canaille, en diffère beaucoup et signifie littéralement : misérable se lamentant. « Y sont bé las de thiés quenailleries », disent les paysans aux pauvres.
Quéreu, s. m. — Quéroir, carrefour ; par extension, cours de ferme, chaumes.
Quéreux — Plusieurs villages portent ce nom, qui vient sans doute du celtique ker, village.
Quoaille
, s. f.  Laine de la queue.
Quoter, v. a. — Toucher, terme technique.




 
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R
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Rabaler, v. a. — V. tribaler [traîner, promener].
Rabaneau, s. m. — Rave des champs [raves : plantes potagères].
Rabater, v. a. — Frapper, cogner.
Rabinée, s. f. — Chose qui se répète, qui se fait plusieurs fois.
Raboyer, v. n. — Former un ruisseau fangeux à la suite d'une grande pluie. Ce mot a beaucoup d'analogie avec le verbe français rabrouer, rebuter avec mépris.
Rabois, s. m. — Ruisseau.
Ragage, s. f. — Désordre, pillage, casse, bris.
Rache, s. m. — Mal qui vient à la tète des enfants.
Rache ou rancheau, s. m. — Mugissement du vent.
Rachée, s. f. — Giboulée presque toujours accompagnée de vent.
Racher, v. n. — Souffler, gémir en parlant du vent.
Racrémer, v. a. — Recommander.
Raire, adj. — Ce qui est tissé clair, peu serré. Une étoffe, un grillage sont parfois raires. On sème un champ raire. Le vieux-français avait raire, tondre de près. [de l’anglais rare]
Raler (se), v. p. — Se raser, marcher en se courbant.
Ralette (aller à la), loc. — Aller sournoisement en marchant sur les genoux. Les braconniers tuent beaucoup de gibier par ce procédé.
Ralle, s. f. — Un morceau, un lambeau.
Ramaie, s. f. — Pluie abondante et rapide.
Ramaille, s. f. — Menus rameaux.
Ramale, s. f. — Mauvais étalon.
Ramigeau, s. m. — Ramage, tas, amas végétal, fourré.
Ramiger ou ramisser, — Faire du bruit dans les rameaux.
Ranche, s. f. — Sorte de rampe qu'on met aux deux côtés d'une charrette.

Rande ou ren, n. m. – [Rang (à couper pour chaque moissonneur), planche (de vigne). [Source : dicopoitevin]].
Randon, s. m. — Aller d'un randon, c'est aller follement, comme a l'aventure (de l’anglais random).
Rape, s. f. — Grappe de raisin, rafle.
Rapiller, v. n. — Grapiller.
Raquin, adj. — Déhanché, qui a un tour de reins, éclopé.
Ratouiller ou ragouiller, v. a. — Mouiller, inonder une personne ou une chose. Un bagouillis est un ragoût à grand bouillon.
Ravaud, s. m. — Rut des animaux (de l’anglais rave).
Rebecca, loc. — Faire muette, avancer sur le voisin en labourant. Faire rebecca c'est rebecquer, revenir de nouveau, répéter.
Rebiner, v. n. — Refaire la même chose, repousser de la même souche.
Rebiner, v. a. — Regimber [refuser d’avancer en ruant, en parlant d’un cheval ou de toute monture].
Rebouffer, v. n. — En parlant de l'eau qui se gonfle et retourne sur son cours.
Reboutet, s. m. — Dernière farine. Rebluté [« Sont les gruaux et les sons qui restent après la première farine, et que l'on reprend pour les rebluter et pour les remoudre. » – Louis Capello].
Recaler, v. a. — Caler signifie mettre plan. Recaler un fossé, c'est en aplanir le fond, le nettoyer.
Réceuner, v. n. — Faire la collation.
Rechivure, s. f. — Rechute.
Recurer, v. n. — Labourer, former le sillon. Pour refaire un sillon, on laboure d'abord ses deux côtés, puis le milieu avec une charrue à double oreille ; cette dernière opération se nomme recurer.
Regane, s. f. — Rigole.
Rège ou rige, [ou réve], s. f. — Raie de sillon, ligne que laisse le passage d'une charrue ou
tout autre instrument aratoire, petit rayon, ligne droite, [espace entre les rangs, entre les planches de vignes].
Reguigner, v. n. — Repousser au pied.
Reize ou rigeon, s.  — Petite raie, petit rayon.
Remembrer (se), v. p. — Se souvenir [de l’anglais remember].
Remeuil, s. m.  — Mamelle des animaux.
Remeuiller, v. n. — Prendre du remeuil, donner du lait de nouveau.
Rencheau, s. m. — Grondement du vent.
Renoter, v. a. — Rabacher, radoter, reprocher, murmurer.
Repaner (se), v. p. — Se reposer, reprendre des forces.
Requeter (se), v. p. — Protester, se défendre, se rebecquer.
Resoli, s. m. — Haie sèche entrelacée comme un réseau.
Ressie, s. f. — C'est la soirée qui commence après la merienne.
Retinton, s. m. — Un petit souvenir, un son, un léger tintouin.
Reviler, v. a. — Prendre vie, renaître, vaincre une maladie, remuer au sein de la mère, couler de nouveau.
Revolinée, s. f. — Tourbillon.
Ribouler, v. a. — Rouler un objet en rond, en boule.
Ribousse ou riboule, s. f. — C'est le renflement prononcé de la partie inférieure d'un bâton.
Ricoines, s. f. p. — Contes à faire rire, récits bizarres.
Rigeail, s. m. — Herbe qui croît dans les règes ou riges.
Rigourdaine ou rigondaine, s. f. — Plaisanterie, anecdote, chansonnette joyeuse.
Rimer, v. n. — Brûler, prendre au fond du vase en cuisant.
Rimi, s. m. — Partie adhérente au vase où s'est faite une cuisson culinaire.
Ringer, v. n. — Ruminer. En ruminant, les bètes à cornes remuent constamment les mâchoires comme un cheval qui ronge son frein.
Ringue, s. f. — Rouge-gorge.
Ringuet, s, m. — Petit de taille. Ginguet a le même sens.
Riorte, s. f. — Jeune branche tordue.
Riot, s. m. — Petit repas joyeux (de l’anglais riot).
Ripe, s. f.  — 1. Petite rave [plante potagère] des moissons. 2. Lanière faite par un rabot.
Ripade ou ripée, s. — Glissade.
Riper, v. n. — Glisser.
Rique ou raque, s. f. — Rosse, bête sans valeur.
Riquet, s. m. — De petite taille.
Robin, adj. — Rouge. Vient du celtique rob, rouge.
Roi-Berteaud, s. m. — Roitelet.
Roquer, v. n. — Produire avec les dents, un bruit sourd en mâchant un corps dur.
Rontai, loc. — C'est une contraction de pronture. [?]
Rosseliou, adj. — Bois noueux plein de rosons ou rosaces.
Rouche ou irouche, s. f. — Petit iris des prés.
Rouger le biot, loc. — Ronger son frein, son billot.
Rouillon, s. m. — Débris de tuilerie couleur de rouille.
Roumail, s. m. — Bruit que produit une respiration oppressée. Ce mot est un
diminutif.
Roumeiller, v. n. — Ronfler en dormant.
Rullot, s. m. — Rouleau.
Rupin (avoir l'air). — C'est paraître éveillé, joyeux, décidé ; avoir le visage enluminé.
Russe, s. f. — Rouge-gorge.




 
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S
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Sabaron ou savaron, s. m. — Demi-savate.
Sabe, s. f. — Sève.
Saber ou céber, v. a. — Lever la peau, ce qui est facile quand la sève afflue ; par extension écorcher. Eprouver une sensation brûlante à la bouche comme quand on mange une cèbe, ciboule.
Sabou, s. — qui sabe.
Sabourin ou savourin, s. m. — Savetier.
Sacquer, v. n. — Placer un objet en un lieu quelconque. Sacque dans ta poche, dit le paysan.
Sacqueter, v. n. — Lanciner, sentir un mouvement pulsatif.
Sacter, v. a. — Saccader, donner des secousses ; se dit particulièrement des pulsations des artères et des coups lancinants.
Safari ou savari, s. m. — Vacarme (faire du bruit, crier, parler haut en breton).
Sagouiller ou sacouiller, v. n. — Jouer avec l'eau, agiter l’eau.
Saguenat ou staguenat, s. m. — Urine qui croupit.
Saillure, s. f. — Saillie d'étalon.
Saligalé, s. m. — Sorte de galette.
Saner, v. a. — Coudre une plaie, réparer une déchirure.
Sanguin, s. m.— Cornouiller [arbre].
Saper, v. a. — Rapprocher les lèvres et les séparer avec bruit, ce que font les gourmands vulgaires quand ils ont mangé ou bu une bonne chose.
Sarrailler, v. a. — Diminutif de serrer, comprimer.
Sarraillis, s. m. — Grossier raccommodage.
Sargail, s. f. — Fille qui se tient mal.
Sargailler, v. n. — Se dit des filles immodestes qui vont courir les rues. (V. garsailler).
Sège (la), s. f. — Moisson.
Sègelier, s. m. — Qui habite un pays de seigle.
Segeou, adj. — Moissonneur.
Seger, v. n. — Moissonner.
Segerie, s. f. — Moment de la moisson. On dit aussi la sège.
Segre, v. a. — Suivre.
Seliae, s. f. — Un plein seau.
Séquents, s. a. p. — Plusieurs. On dit quantes fois.
Séquoire ou ségoire, s. f. — Rigole.
Serinette, s. f. — Sorte de chardon.
Sernuge, s. f. — Agrostis [genre de plantes herbacées].
Serpouler, v. a. — Ce mot s'applique à toutes les douleurs cuisantes causées par morsures et piqûres, la morsure du serpent étant considérée comme la plus grave.
Seu, s. m. — Sureau [arbustes et plantes herbacées], on dit aussi sugeat.
Setra, s. m. — Bas sans pied.
Setrou ou soutrou, adj. — Sale, couvert d'ordure, immoral.
Sibot, s. m. — Bridon.
Sibrer ou soubrer, v. a. — Déchirer , mettre en pièces.
Sicot, s. m. — Hoquet. Le hoquet fait ouvrir la bouche.
Sicoter, v. a. — Avoir le hoquet, être secoué par soubresaut comme par le hoquet.
Sigreler, v. a. — Produire un bruit aigre avec de la ferraille, avec une porte, ou une roue mal graissée.
Siler, v. n. — Pousser des cris aigus.
Siteau, s. m. — Six gerbes réunies.
Siteler, v. a. — Mettre à siteau [réunir six gerbes].
Soguer ou soquer, v. a. — Faire le pied de grue, attendre debout sur ses soques.
Sorlier, v. n. — Muser, flaner, écouter.
Sorlion, adj. — Propre à rien.
Sottille, s. f. — Ongle des animaux à pied fourchu qui leur sert à sauter sur les rochers comme l'ont les chèvres.
Soupfrener, v. n. — Souffrir avec une respiration haletante. C'est un augmentatif de souffrir.
Sougnard ou seugnard, adj. — Qui agit sournoisement, qui se tient isolé, dans l'ombre.
Sougner ou seugner, v. a. — Paraître confus, baisser timidement le front.
Souille ou sousille, s. f. — Sorte de poche, souvent faite de morceaux, dans laquelle on renferme de menus linges pour mettre à la lessive.
Soula, s. m. — Un grand nombre : un soula de personnes, un soula de brebis.
Sounou, s. f. — Musicien.
Sourdé, loc. — Aller sourdé, c'est aller mal, être en mauvais état ; n'être pas sourdé indique un mieux, une meilleure condition. Le paysan, en montrant le meilleur mouton du troupeau, dit fièrement : « Thiau thi né ja sourdé ».
Sourgir, v. a. — Soulever.
Sourge, adj. — Leste, léger, élastique, souple.
Soussayer, v. n. — Quand il prend souci du temps, le poitevin dit : « Le temps me soussaie, il me paraît long. » Par suite, ce mot est devenu synonyme de durée, bon usage, augmentation de volume. La pâte qui gonfle soussaie, l'habit qui dure soussaie, etc.
Subler, v. a. — Siffler.
Sublet, s. m. — Sifflet.
Sumer, v. a. — Suinter, remouiller, laisser perdre son liquide, comme une mamelle trop pleine son lait.
Super, v. a. — Sucer, humer.
Suppolence, s. f. — Ce qui se suppute.
Surgeoire ou sourgeoire, s. f. — Corde, très employée pour lier et attacher ou à soulever les animaux ou des fardeaux.
Sus, s. m. — Sud. Le paysan appelle le vent du midi le le vent d'en sus.
Symmois, s. m. — Le commencement d'un tricot, d'un lias.




 
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T
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Tabaraie, s. f. — Marmelade, gâteau de fruits appelé aussi goguenion.
Tabourner, v. a. — Tambouriner.
Tabut, Ioc. — Tracas.
Tache, s. f. — Clou à double tête qu'on met aux chaussures.
Talbot, s. m. — Billot qu'on met au cou ou aux cornes des animaux.
Talboter, v. n. — Mettre un billot.
Talère, s. m. — Tarière [outil permettant de percer le sol ou des matériaux comme le bois].
Taligot, s. m. — Grosse taille de pain.
Talle, s. f. — Nom du chataigner.
Tallée, s. f. — Lieu où poussent des telles, chataigneraie.
Talou ou estalou, s. m. — Premier sillon, modèle, commencement d'un ouvrage.
Tantinet (un), loc. — Un moment, un peu.
Taper, v. n. — fermer, boucher, clore.
Tapon, s. m. — Bouchon.
Tapouner, v. n. — Boucher un petit orifice, diminutif de taper.
Tarve ou terve, adj. — Mince, de peu d'épaisseur.
Tassée, s. f. — Cépée, touffe, las.
Tatouille, s. f. — Rossée qui vous met en marmelade.
Tatouillade, s. f. — Marmelade de fruits trop mouillée.
Tatucer, v. a. — Parler bas.
Tenailler, s. m. — Ratelier qui tient le pain suspendu.
Tennezir, v. n. — Échauffer.
Tennezi, adj. — Bois échauffé.
Tenon, s. m. — Lisières d'enfant.
Ternuge, s. f. — Traînasse.
Terruchaut, s. m. — Haut terrier.
Tet, s. m. — Toit.
Tiatia, s. m. — Grive. Chacha.
Tilli, s. m. — Plafond en bois ou en torchis.
Timbre, s, m. — Cuve, baquet.
Tiraille ou tiragne, s. f. — Viande musculeuse.
Tiragni, s. m. — Fils de la vierge. [?]
Tirette, s. f. — Tiroir.
Touaille, s. f. — Nappe [toile].
Toullot, s. m. — Manche de fléau. On dit aussi toullat.
Tourat, s. m. — Grosse grive.
Tourige, s. f. — Herse qui sert à aplanir les riges en tournant sur le guéret.
Tourtelle, s. f. — Tout ce qui a forme de tourteau.
Train, s. m. — Vase à boire de terre commune.
Trajeter, v. a. — Faire un trajet, un sentier, laisser la trace de son passage.
Trajou (être à), loc. — Se tenir sur une ligne de démarcation afin d'empêcher deux troupeaux de se réunir.
Tralée, s. f. — Plusieurs êtres à la suite les uns des autres.
Traler (se), v. a. — Se promener beaucoup.
Tran ou trayant, s m. — Sorte de fourche recourbée, à deux doigts ou pointes, servant à piocher le fumier.
Traque, s. f. — Taille. On dit une bête de haute ou basse traque (terme de venerie)
Trecher, v. a. — Chercher, trucher, mendier.
Treluire, s. a. — Reluire. On dit aussi treluser.
Trenége, adj. — Terne.
Trense, s. f. — Trèfle.
Trenseau, s. m. — Champ qui a porté du trèfle.
Treper, v. n. — Trépigner.
Tribaler, v. a. — Traîner, promener, se prodiguer. Augmentatif de rabaler.
Tribalerie, s. f. — Objet qu'on traîne partout, comme la tribalée aux foires (viande de porc qu'on trimbale aux foires). On dit se tribaler ou se trimbaler, pour indiquer qu'on se prodigue. Une tribalée prend parfois le sens de ribambelle.
Tribert, s. m. — Fourche aux doigts de bois au nombre de trois.
Tribouil, s. m. — Tracas, occupations nombreuses.
Tricoiser ou tiercoiser, v. a. — Tergiverser, se montrer de mauvais arrangement.
Tricoler, v. a. — Marcher en zig-zag, tricoter.
Tricouse, s. f. — Guêtre de laine ou de toile, sorte de bas.
Triffler (se), v. p. — S'habiller avec soin.
Trigeasse ou trageasse, s. f. — Pie-grièche ou pie de trois couleurs.
Trôa, s. m. — tronc dur des plantes herbacées.
Trôler ou treuler (se), v. p. — Se rouler dans la boue.
Troller, s. m. — Soulever un animal avec des trolles ; à cet effet on passe les sangles sur des bois ronds ou des poulies fixées au plafond, puis on hisse (de l’anglais trol).
Trouffle, s. f. — Pomme de terre.
Trouil, s. m. — Dévidoire.
Trouiller, v. n. — Remplir la dévidoire, la couvrir de fil.
Trouillon, s. m. — Bâton qui sert à trouiller [trouiller : presser le raisin au pressoir]. Les moulinets de tous genres sont mis en mouvement par des trouillons.
Trousquin, s. m. — Jabloir [rabot de tonnelier, pour creuser les jables].
Trozer, v. a. — Alterner, planter en quinconce.
Trutte, s. f. — Tube, conduit d'eau de faible longueur, tuyau.
Tureau, s. m. — Tas de terre, petite élévation du sol.




 
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V
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Vacable, adj. — Vient du verbe français vaquer, s'occuper à…
Vanayer, v. n. — Plier, fléchir.
Vane ou vanne, adj. — Faible, mou, fatigué.
Vaner ou vasser, v. a. — Fatiguer, lasser.
Vanigois, adj. — Très faible.
Varai, s. m. — Fusain aux branches vertes.
Vassé, adj. — Las, fatigué.
Vassive, adj. — Ce mot se dit pour une poulinière vide, qui n'est pas dans un moment de production.
Vaste-vaste, loc. — Aller à la boule-boule, comme un brouillon.
Vaster, v. n. — Aller à ses affaires. Vient de baster, suffire.
Vasteron, s. m. — Petit domestique.
Vastillouner, v. n. — Aller et venir sans but.
Vedet, s. m. — Petite voie.

Venelle, f – [ruelle, espace étroit où passer. « La v’enelle d’au lit », espace entre le lit et le mur ; « un cheun, japant  dans la venelle », un chien aboyant dans la ruelle. [ng]]
Verdelle ou vredelle, s. f. — Petite verge, baguette flexible, tige verdelette.
Verdingot, s. m. — Poivre vert, piment.
Vérer, v. n. — Il faudrait dire dévérer. Ce mot s'applique aux fruits qui commencent à mûrir, aux raisins.
Verimer, v. a. — Rendre du pus, une matière corrompue appelée verin.
Vérir, v. n. — Moisir et verdir.
Vertaupe, s. f. — Furoncle, tumeur purulente.
Vertir, v. a. — Suffire, fournir.
Veuillon ou vison, s. m. — Pupille.
Vezague, s. f. — Chose sans consistance, mauvaise marchandise, mauvais travail, mou comme une vèze ou une vessie.
Véze, s. f. — Cornemuse.
Vézicle, s. f. — Badine qui coupe l'air en vezounant.
Vézicler ou bésicler, — Ne rien faire de bon, regarder voler les mouches avec ou sans bésicles.
Vezinguer, v. a. — Inonder comme avec une seringue ou une vezingue, vessie.
Vezouner, v. n. — Imiter le bruit du vezou.
Viguener ou viguener, v.n. — S'occuper à des vétilles.
Vinvaler, v. a. — Courir monts et vallées.
Vioche, s. f. — Petit tas de foin que fait le fouracheur.
Viremain, loc. — Faire un travail dans un viremain, c'est le faire rapidement, n'avoir qu'à virer la main.
Viremarion (à). — Avoir à viremarion ou à vire-Marie, c'est avoir en abondance.
Virer, v. a. — Tourner.
Virouner, v. a. — Diminutif de virer.
Virounis, s. m. pi. — Tours et détours.
Virounou, s. m. — Tourniquet où l'on suspend l'enfant qui ne marche pas.
Visant, s. m. — Orient, exposition.
Visauber, v. a. — Regarder de tous côtés.
Viscarier, v. a. — Rendre malsain.
Visoire, s. f. — La figure dans la partie visuelle.
Voider, v. a. — Vider, désemplir [de l’anglais void].
Vouiel-vouielle. — C'est le pronom personnel ajouté à l'adverbe oui, qui se prononce voui.
Vouinage ou Bouinage, s. m. — Caractère selon l'influence du vin bu.
Voure, adv. — Où [prononcé voure, de l'anglais where].
Vredelle, s. f. — Verge pour faire vreder.
Vreder, v. n. — S'en aller vite. Vient de vréder, aller et venir sans objet.
Vredasse ou bredasse, adj. — Qui s'occupe de tout mal à propos.
Vredoc, s. m. — Gros robinet où le liquide passe rapidement.
Vreliard, adj. — Homme peu franc qui manque à sa parole.
Vrelier, v. n. — Tourner en spirale, comme les vrilles du liseron, que l'on nomme vrillée.
Vrelioche ou vrioche, adj. — Animal impatient qui remue sans cesse.
Vrenusser, v. n. — S'occuper à des riens.
Vrenusserie, s. f. — Menue occupation.
Vrenussou, s. — Tatillon.
Vressaine ou Versaine, s. f. — Ce mot indique la longueur des champs qui occupent le même versant.